En réponse à ces propos, il faut signaler d'abord que la question de l'établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie a toujours été réclamée par les Libanais.
En effet, depuis l'indépendance du Liban, le député Georges Akl* a présenté en 1944 une question au gouvernement libanais, alors présidé par le Premier ministre feu Riad el-Solh, dans laquelle il demandait pour quelle raison l'État syrien n'a pas encore reconnu l'indépendance du Liban, et quelle est l'attitude du gouvernement là-dessus ? De même, existe-t-il un empêchement quelconque à l'établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie ?
Cette question a été lue au Parlement libanais au cours de la séance tenue le 5 septembre 1944 (page 599 du procès-verbal du Parlement 1944).
N'ayant pas reçu de réponse à cette question, le député Georges Akl est revenu à la charge au cours de la séance de la Chambre des députés tenue le 13 novembre 1946, qui était consacrée à la politique extérieure du gouvernement.
Durant cette réunion le député Georges Akl a demandé de nouveau au ministre des Affaires étrangères, feu Philippe Takla, de répondre à la question suivante : « Est-ce qu'il y a un empêchement à l'établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie ? »
Le ministre Takla a répondu à cette question en affirmant, en substance, qu'il n'y avait aucun empêchement à l'établissement de telles relations au regard du droit international, mais qu'à son avis, la question ne présente aucun intérêt de même que par souci d'économie budgétaire, le ministre ne voit pas l'opportunité d'une telle mesure.
Cette réponse n'a pas convaincu le député Georges Akl, qui a fait valoir que les intérêts du Liban ne sont pas pris en considération par le ministre, car il y a une raison primordiale à l'établissement de telles relations, notamment pour s'entendre sur les visées régionales de la Syrie vis-à-vis du Liban.
Quant à la réunion du Conseil supérieur libano-syrien mentionnée par le journal syrien al-Watan, elle fut tenue à l'époque en 2005 après l'assassinat de l'ancien président du Conseil, feu Rafic Hariri, et les circonstances dramatiques qui ont suivi cet assassinat, notamment la vague d'indignation populaire qui a pris l'ampleur d'une révolution et qui a eu des répercussions internationales.
* Georges Akl, ancien député du Mont-Liban, ancien ministre de l'Éducation nationale et de l'Information. Décédé le 4/4/1960.


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