Un magnifique pas de deux au sol, clou de ce ballet. (DR)
Un ballet qui retrace donc, à travers une dizaine de séquences, la rencontre de Constance, mariée à lord Clifford, propriétaire terrien, paralysé et impotent, et de Mellors le garde-chasse. Et qui reproduit leurs élans pulsionnels d'êtres déchirés que la révélation de l'amour physique va mener à
l'épanouissement.
Une première partie construite sur un jeu de miroirs, avec quatre danseuses, vêtues de fluide mousseline blanche, réfléchissant la figure d'une Constance passive, tournoyant dans un mouvement giratoire et répétitif - parfaitement accordé à la musique dépouillée et mélancolique de Philip Glass - entre mari et amant, eux-mêmes dédoublés.
L'éveil à la sensualité
Veste en cuir lacé noir pour le sombre lord Clifford, justaucorps couleur de feuilles mortes pour l'homme des bois (rôle en partie tenu par Julien Lestel). Gestuelle martelée, chez le premier, exprimant la monotonie, la frustration, la pesanteur du lien conjugal, alors que les élans et les haussements acrobatiques de Constance et Mellors évoquent l'attirance, l'hésitation, un subtil éveil à la sensualité pour elle, un lent retour à la vie pour lui... Jusqu'à cet audacieux pas de deux au sol, cette étreinte dansée qui, au-delà de l'érotisme, va aboutir à une fusion des corps des deux danseurs. Véritable scène d'amour d'une sensualité torrentielle tout en restant d'une grande élégance.
Une brillante transposition chorégraphique - servie par un éclairage superbement adapté - d'une œuvre ayant fait l'objet de multiples adaptations à l'image et qui, pour se démarquer, laisse la part belle aux atmosphères plus qu'à la narration. Entre grâce, esthétisme et émotion...
En ouverture de la soirée, Julien Lestel et Gilles Porte ont rendu hommage aux grands airs de l'opéra italien en donnant corps, dans une succession de pas de deux symétriques, à l'intensité dramatique des arias tirés de L'Arlésienne de Francesco Ciléa, de L'elisir d'amore de Donizetti et de la célébrissime Tosca de Puccini.



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