Un shampoing, gage d’amour, dans « Out of Africa ». (DR)
Dans l'atmosphère intimiste d'un salon de beauté où les vapeurs odoriférantes des gels, shampoings, savons et autres produits cosmétiques vous magnétisent et vous montent à la tête, soudain la vie se métamorphose, prend un tournant. Un « U-turn » même. Il suffit de changer de coiffure, de couleur de cheveux pour sauter dans le vide et devenir quelqu'un d'autre. Lorsque Robert de Niro s'adresse à son miroir dans Taxi Driver, il n'est certes pas dans un institut de beauté, mais en se rasant le crâne à l'Uroquois, il entre définitivement dans la peau d'un autre personnage. Le même Robert de Niro qui, en parfait Al Capone, bouffi, dans The Untouchables, prend une décision importante alors que le coiffeur lui racle la mousse à raser sur sa barbe avec une lame acérée. Charlie Chaplin serait-il Charlot sans sa moustache et La moustache de Vincent Lindon aurait-elle changé son destin si elle avait été distinguée par les autres. Les crânes chauves à l'écran ne manquent pas de gueule et il y en a plus souvent. Il y avait Yull Brynner et Telly Savalas. Aujourd'hui, plus personne ne craint d'avoir la boule à zéro. Pas même les femmes. Ce faisant, elles affirment leur présence et symbolisent leur combat. Cameron Diaz, Sigourney Weaver et même Natalie Portman en sont la preuve. Mais les salons de beauté ne sont pas seulement prétexte à métamorphoses. Dans un geste qui suppose un dénudement pour des besoins esthétiques, les femmes se mettent également à nu et dévoilent leurs vies. Ainsi, dans Vénus beauté Institut, de Tonie Marsahall, à l'ombre des portes coulissantes, les liens se tissent et les romances se font ou se défont. Pareil pour Caramel de Nadine Labaki où plus rien n'est tabou ou interdit dans ce haut lieu de la beauté. On dit qu'en massant le cuir chevelu, toute personne devient vulnérable et s'abandonne. Elle peut confondre chaise de coiffeur et taie d'oreiller. Ou même divan de psy. À travers ce Pillow Talk où le temple de la coiffure prend l'allure d'un confessionnal, tout se mélange et les barrières tombent. On peut succomber au charme d'un coiffeur mondain à la silhouette de Warren Beatty dans Shampoo ou tout simplement se laisser aller à des confidences. La confusion s'installe et Tif devient soudain Tondu.
Dans l'atmosphère intimiste d'un salon de beauté où les vapeurs odoriférantes des gels, shampoings, savons et autres produits cosmétiques vous magnétisent et vous montent à la tête, soudain la vie se métamorphose, prend un tournant. Un « U-turn » même. Il suffit de changer de coiffure, de couleur de cheveux pour sauter dans le vide et devenir quelqu'un d'autre. Lorsque Robert de Niro s'adresse à son miroir dans Taxi Driver, il n'est certes pas dans un institut de beauté, mais en se rasant le crâne à l'Uroquois, il entre définitivement dans la peau d'un autre personnage. Le même Robert de Niro qui, en parfait Al Capone, bouffi, dans The Untouchables, prend une décision importante alors que le...
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