Le ministre Harb durant la conférence de presse tenue hier au siège du Conseil économique et social. Photo Dalati et Nohra
Cette conférence de presse fait suite au séminaire organisé il y a près de deux semaines sous le thème « La CNSS : priorité de la politique sociale », au cours duquel plusieurs responsables et professionnels s'étaient penchés sur les nombreux problèmes de la Caisse. Hier, le ministre Harb a pris la parole pour déplorer d'abord l'absence de l'Association des industriels suite à un « malentendu ». Il a ensuite tenu à remercier le président du Conseil économique et social en insistant sur la nécessité de raviver le rôle primordial que doit jouer ce conseil en matière de politique sociale.
Le ministre du Travail a ensuite annoncé que l'atelier de travail avait été un succès dans le sens où « les parties concernées se sont mises d'accord sur un plan d'action commun en vue de trouver une solution aux nombreux obstacles auxquels cette institution fait face ». Il a ensuite dressé la liste des points relevés durant le séminaire, à savoir le fait que la CNSS n'est pas régie par un code de lois qui instaure l'éthique nécessaire au fonctionnement d'un établissement public et l'inadéquation entre les services assurés dans les différentes agences de la CNSS et les demandes des patients. « Cela mène au fait que la CNSS faillit à ses obligations, notamment en matière de livraison de médicaments nécessaires ou de prise en charge de l'hospitalisation des assurés », a ajouté le ministre Harb.
La CNSS : une constante libanaise
Insistant sur le fait que la CNSS ne disparaîtra pas puisqu'elle constitue la base du système de protection sociale libanais, le ministre du Travail a souligné que « la Sécurité sociale est un droit dont devrait jouir chaque Libanais, que ce soit en matière d'hospitalisation ou de retraite ». Il a ensuite mis l'accent sur le fait que ce sont les « volets juridique et managérial de la CNSS qui doivent simultanément faire l'objet de réformes ». En outre, « la survie de la CNSS ne dépend pas uniquement des efforts des instances étatiques », a précisé Boutros Harb. « C'est à tous les membres du pacte social d'œuvrer pour la sauvegarde de cette institution », a-t-il ajouté, avant de s'attaquer aux points essentiels de la feuille de route des réformes.
Les points forts de la feuille de route
En ce qui concerne les réformes juridiques, le ministre Harb a souligné que les lois de 1963 qui régissent le travail de la CNSS ne sont plus adaptées aux technologies de pointe ni aux demandes des assurés. « C'est pour cela que le ministère du Travail se penchera dans le futur proche sur les modifications à apporter à ces lois », a-t-il indiqué. Parallèlement, concernant les réformes à apporter au volet de la gestion de cette institution publique, le ministre du Travail a indiqué que la feuille de route prend en considération les méthodes scientifiques selon lesquelles la CNSS devrait opérer, notamment pour augmenter la transparence au niveau des opérations. La mise en place d'une infrastructure plus moderne est également au programme de ce volet de réformes ; une amélioration qui permettra éventuellement aux abonnés d'accéder plus rapidement aux informations nécessaires. Le ministre Harb a en outre préconisé une décentralisation administrative concernant les opérations des assurés ainsi que celles des patrons, la mise en place d'un réseau informatique performant et un meilleur lien entre les hôpitaux, les pharmacies, les médecins et la CNSS.
D'autre part, en ce qui concerne les réformes portant sur la Caisse relative à la santé, le ministre a promis que désormais « aucun hôpital ne sera en mesure de refuser un patient assuré à la CNSS ». En ce qui concerne l'assurance facultative, Boutros Harb a souligné « la volonté du ministère de régler le cas des personnes concernées par cette forme de protection sociale et faire en sorte que cette option demeure viable pour les personnes qui le désirent ». Enfin, la feuille de route porte également sur un contrôle plus strict des tarifs des médicaments.

