- Que faire si, sans aucun prétexte, Israël attaquait de nouveau le Liban ? Il va de soi, en principe, que tout le peuple libanais, les pouvoirs, l'armée et la Résistance devraient faire face ensemble, quels que soient le prix à payer et les sacrifices à consentir. Sans que nul n'affiche de position discordante, ou ne se lance dans des reproches inopportuns adressés à des compatriotes.
- Une action du Hezbollah, à partir du territoire national ou montée à l'extérieur, pourrait servir de justificatif pour une guerre israélienne. Comme lorsqu'en 2006 la capture de deux soldats israéliens avait provoqué une riposte élargie de l'État hébreu. Les Libanais devraient également alors s'unir, surtout si comme dans l'exemple précédent, la réaction israélienne s'avérait disproportionnée. Sans compter que même en cas de bilan des pertes égal, le Liban, exsangue et affaibli économiquement, a nettement moins de capacité de récupération, et de reconstruction, que l'ennemi. Surtout qu'avec la crise mondiale, notre pays ne pourrait pas compter sur une aide extérieure substantielle pour panser ses plaies.
- En cas d'attaque israélienne contre la Syrie et/ou contre l'Iran, deux pays qui n'ont pas levé le petit doigt en 2006 quand Israël a attaqué le Liban, il faudrait sans doute leur rendre la pareille, et la politesse. Mais les parties, et surtout le parti, qui les soutiennent accepteraient-ils d'entendre raison et de ne pas tirer de missiles sur Israël ? Il est évidemment essentiel que les Libanais s'entendent préalablement sur ce point vital. Ce qui implique qu'ils doivent cesser de suivre aveuglément les axes, et de servir de combustible à leurs conflits.
À ce propos, il est incompréhensible, et inadmissible en termes d'intérêt national, que des Libanais ne réalisent pas qu'il faut, au minimum, éviter soigneusement de donner un quelconque prétexte à une attaque israélienne. Car Israël aurait alors l'opinion mondiale pour lui. Et les rangs libanais, divisés, en seraient fissurés, l'instabilité intérieure ajoutant ses méfaits à la guerre. Même chose, du reste, pour une réplique provenant du territoire libanais à une éventuelle attaque israélienne contre l'Iran ou contre la Syrie.
Ce qui est plus vraisemblable. Car si le Hezbollah certifie sans cesse qu'il ne compte pas donner de prétexte à Israël pour attaquer notre pays, il laisse clairement entendre qu'en cas d'attaquer contre l'Iran, il réagirait. Ainsi qu'Ahmadinejad le lui a demandé. Il est donc clair qu'il est urgent de trancher, en Conseil des ministres ou autour de la table de dialogue national, la question vitale relative au droit de décider de la paix ou de la guerre.
Pour une fraction, le Liban ne doit ni s'impliquer dans les guerres des autres entre eux, ni leur servir de champ de bataille. Mais une autre partie soutient qu'en cas d'attaque israélienne contre l'Iran et contre la Syrie, le Liban doit, comme les autres pays arabes, apporter une aide active. Pour qu'Israël ne soumette pas la région à ses conditions, la paix qu'il imposerait se faisant au détriment des droits des Palestiniens comme de tous les Arabes.
Pour tout résumer, le problème n'est plus de réguler ou non l'armement du Hezbollah. Mais de préciser quelle en serait l'utilisation, ou la non-utilisation, en cas de guerre régionale ou d'attaque israélienne contre l'Iran et contre la Syrie. À plus forte raison, un prétexte donné à Israël pour attaquer notre pays reviendrait, entre autres préjudices, à nous faire perdre toutes les amitiés qui nous permettent d'espérer encore de devenir un État libre, indépendant, souverain.

