Corolla : « Une résistance dans le volant. » AFP
Toyota fait face aux États-Unis à des dizaines de plaintes en nom collectif, de la part d'automobilistes lui reprochant d'avoir réagi trop lentement. Selon les plaintes reçues par la NHTSA, les problèmes d'accélération subite de voitures Toyota seraient à l'origine d'au moins 34 décès aux États-Unis. « Les mauvaises nouvelles déferlent les unes après les autres, et personne ne peut prédire quelle sera la prochaine », a résumé Shigeru Matsumura, analyste automobile au SMBC Friend Research Center. « La situation est si mauvaise qu'on ne peut même plus estimer à combien s'élèveront les ventes de Toyota au cours du prochain trimestre », a-t-il regretté. Toyota a déjà annoncé qu'il allait réduire sa production dans deux usines aux États-Unis et une en France, pour faire face à la baisse attendue des ventes en raison de la crise des défauts techniques.
À la Bourse de Tokyo, l'action Toyota a terminé la séance d'hier en baisse de 0,59 % à 3 360 yens. Le titre a perdu près de 20 % depuis le 21 janvier. Le PDG de Toyota, Akio Toyoda, qui doit se rendre aux États-Unis dans les prochaines semaines, est soumis à des pressions pour qu'il aille s'expliquer devant le Congrès américain. Mais M. Toyoda, qui est notoirement avare d'apparitions publiques et dont le long silence au début de la crise a été vivement critiqué, a fait savoir qu'il ratera le 24 février une réunion prévue à la Chambre des représentants sur l'affaire des pédales d'accélération défectueuses. À la place, il enverra le patron de Toyota pour l'Amérique du Nord, Yoshimi Inaba. Les principaux journaux japonais ont à nouveau stigmatisé hier la façon dont Toyota gère cette crise. « Les déboires de plus en plus profonds de Toyota sont dus au fait qu'il adopte une logique de producteur et qu'il interprète mal les réactions des autorités et des consommateurs américains », a jugé le quotidien Asahi Shimbun.


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