Après avoir rappelé les étapes importantes de l'histoire de la maison d'édition, Arnaud Nourry, qui a pris la direction du groupe en 2003, a expliqué que l'édition en France est « la première industrie culturelle». Pourtant, il s'agit d'un marché « modeste » de 4 milliards d'euros. En conséquence, Hachette s'est lancée à la conquête de nouvelles zones géographiques et est devenu aujourd'hui le numéro 2 mondial, en rachetant notamment Larousse, Anaya (Espagne), Escala (Brésil), Time Warner Books (USA) et Hodder Headline (Grande-Bretagne). C'est dans cet esprit d'ailleurs que la co-entreprise (« joint-venture ») entre Hachette et la Librairie Antoine (Hachette Antoine SAL) avait été fondée en octobre dernier.
Le PDG d'Hachette a ensuite abordé la stratégie du groupe face aux défis du numérique et les moyens qui doivent être mis en place pour ne pas que l'édition subisse le même sort que l'industrie de la musique.
Ainsi, il a proposé de développer d'abord une infrastructure adéquate (droits numériques, impression à la demande, entrepôt numérique, etc.), pour pouvoir offrir les contenus d'Hachette Livre sur toutes les plates-formes numériques différentes et utiliser Internet pour procéder à la promotion moyennant des coûts raisonnables. « Le numérique offre aussi la possibilité de faire revivre les titres qui dorment dans les archives des éditeurs, a souligné Arnaud Nourry. Il est également créateur de nouveaux modèles économiques ainsi que de nouveaux métiers sur Internet. »
« L'industrie du livre est à un tournant de son histoire », a résumé cet expert de l'édition.
« Le rôle de l'éditeur sur Internet peut être très important à condition de ne pas laisser la totalité du marché aux mains d'entreprises qui ne respectent pas la création (Amazon et Google) », a enfin martelé M. Nourry.


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