Avec un peu de recul par rapport à la crise économique et les derniers rebondissements financiers de Dubaï, les publicitaires rencontrés par L'Orient-Le Jour lors de l'événement s'accordent à penser que la crise a poussé les différentes agences à redoubler de créativité. C'est donc dans un climat convivial, mais non moins compétitif, que le MENA Crystal Festival regroupe les grands noms de la publicité, mais aussi de « petits » entrepreneurs qui se fraient un chemin en adoptant des trajectoires parallèles.
C'est le cas, entre autres, de Ramzi Barakat qui, installé pendant des années dans le Golfe, a décidé de quitter une des agences régionales pour se lancer seul. C'est ainsi qu'il a créé « B », une minientreprise avec comme objectif de faire de la « nouvelle pub » personnalisée, plus « boutique » comme il l'indique. La crise a aussi profité à l'agence de production Zoé, une agence « niche », selon son directeur Sami Chahine. « La crise économique mondiale ainsi que la stabilité politique locale ont profité à l'industrie publicitaire locale dans l'absolu, explique-t-il. En effet, des clients régionaux et européens ont saisi l'occasion de faire produire leurs publicités au Liban puisque ce dernier offre des services moins chers que d'autres destinations. » Pour Sami Chahine, le principal concurrent sur le marché de la production ces 10 dernières années a été Dubaï ; la crise a fait en sorte que le Liban récupère une part de marché. Pourtant, malgré ces initiatives encourageantes, le Liban n'est pas près de se positionner en tant que « plaque tournante » de la publicité.
Dubaï tient bon
Pour Malek Ghorayeb, directeur exécutif régional de la création à Leo Burnett Dubaï, « la créativité est à Beyrouth, mais le pouvoir financier est dans le Golfe. Les événements politiques qui se sont déroulés à partir de 2005 ont été néfastes à l'industrie publicitaire du Liban, dans le sens où les agences qui veulent s'implanter dans la région hésitent à le faire puisque les risques à prendre sont encore importants », souligne-t-il. D'autant plus que la région est témoin de nouveaux marchés émergents tels que l'Égypte, le Koweït et le Qatar. En somme, « il n'y a plus un eldorado, mais des eldorados », résume ce publicitaire.
Publicité et environnement
Cependant, le Liban présente un autre potentiel, celui d'être peut-être un jour leader régional des énergies renouvelables. En effet, Christian Cappe, qui soutient la thèse selon laquelle les publicitaires ont également un rôle à jouer dans la lutte pour l'environnement, explique que « grâce aux 300 jours ensoleillés et la richesse hydraulique qu'il possède, le Liban pourrait se positionner en tant que précurseur régional dans les énergies renouvelables ».
En attendant que cette vision on ne peut plus optimiste se réalise, tout le monde se prépare à découvrir les décisions du jury dans les catégories qui concourent. Car, ne l'oublions pas, le MENA Festival, c'est aussi la consécration des pubs, des personnes et l'occasion de briller.


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