« Les anges du péché ».
« Fais apparaître ce qui sans toi ne serait peut-être jamais vu. » Robert Bresson (Notes sur le cinématographe).
Robert Bresson est sans conteste un des plus grands et des plus singuliers cinéastes du XXe siècle. Sa carrière s'étend sur plus de quarante ans durant lesquels il ne réalise que treize longs-métrages. Il est néanmoins considéré par la critique et les cinéphiles comme un des géants du cinéma mondial. L'œuvre forme un tout cohérent, qui brûle de film en film, affirmant sa cohérence stylistique. Bresson le solitaire fascinera et influencera beaucoup de jeunes cinéastes comme Jean-Marie Straub, Jean-Luc Godard, Maurice Pialat, Philippe Garrel, Léos Carax, Bruno Dumont, Eugène Green... Il représente un moment essentiel de la modernité du cinéma, entre grâce et liberté.
« Considéré par nombre de ses pairs comme un maître, adoubé par la critique comme le plus grand cinéaste français, Robert Bresson souvent intimide, dit Jean-Michel Frodon, dans l'ouvrage Robert Bresson. Pourtant, dès la première rencontre avec ses films, ils touchent, simplement, par leur bouleversante beauté. Des Anges du péché à L'Argent, ses treize films, réalisés entre 1943 et 1983, composent une œuvre d'une cohérence
exceptionnelle. »
Programme
Jeudi 4 février, 20h00
Film d'ouverture : Un condamné à mort s'est échappé ou Le vent souffle où il veut (1956), 1h41. En noir et blanc, 35 mm, vo français, st anglais.
Prix du meilleur metteur en scène - Compétition officielle Festival de Cannes 1957.
1943. Arrêté et interrogé par la police allemande pour actes de résistance, le lieutenant Fontaine est incarcéré et condamné à mort. Au cours de son transfert, il tente une évasion improvisée, mais est immédiatement repris. On l'enferme dans une cellule d'où il va, patiemment, obstinément, préparer une nouvelle fugue.
Reprise le 11 février à 20h00.
Vendredi 5 février, 20h00
En présence de Jean-Michel Frodon.
Les anges du péché (1943), 1h13, 35 mm, en noir et blanc, vo français.
Cannes Classics 2005.
Anne-Marie, une jeune fille du monde, choisit pour entrer en religion le couvent des dominicaines de Béthanie, consacré au relèvement des filles perdues. Elle s'attache à l'une d'elles, délinquante rebelle, et entre en conflit avec la supérieure...
Samedi 6 février, 20h00
Rencontre à 19h00 avec Jean-Michel Frodon, autour de l'œuvre de Robert Bresson.
Les dames du bois de Boulogne (1945), 1h21, 35 mm, en noir et blanc, vo français, st anglais.
Hélène et Jean, deux grands mondains, sont amants depuis deux ans. Un soir, Hélène apprend par un ami que Jean ne l'aime plus. Blessée, elle décide de rompre et jure de se venger.
Dimanche 7 février, 20h00
En présence de Jean-Michel Frodon.
Le journal d'un curé de campagne (1950), 2h00, 35 mm, en noir et blanc, vo français.
Prix Louis Delluc du meilleur film, 1950.
À sa sortie du séminaire, un jeune prêtre intègre sa première paroisse : d'Ambricourt. Plein d'ardeur et de foi, il se heurte à l'hostilité et à l'indifférence générale du village.
Lundi 8 février, 20h00
Pickpocket (1959), 1h15, 35 mm, en noir et blanc, vo français.
Cannes Classics 2004
Jeune étudiant contraint, faute d'argent, d'abandonner ses études, Michel vole au champ de course de Longchamp le contenu d'un sac à main. Arrêté mais relâché faute de preuves, il se livre à d'autres larcins. Bientôt, Michel s'associe avec des professionnels et se risque à des vols d'une audace toujours croissante. Voler devient pour Michel une affirmation morale. Rien ne l'arrête plus.
Mardi 9 février, 20h00.
Les affaires publiques (1934), 25 mn, 35 mm, en noir et blanc, vo français, suivi de Procès de Jeanne d'Arc (1962), 1h, 35 mm, en noir et blanc, vo français, st anglais.
Compétition officielle Festival de Cannes, 1962.
Jeanne est emprisonnée depuis plusieurs mois dans une chambre du château de Rouen. Capturée devant Compiègne par des soldats français du parti adverse, elle a été vendue aux Anglais. Elle comparaît devant un tribunal composé presque exclusivement de membres de l'Université anglophile de Paris et présidé par l'évêque
Cauchon.
Mercredi 10 février, 20h00
Au hasard Balthazar (1966), 1h35, 35 mm, en noir et blanc, vo français, st anglais.
Hommage du jury et prix OCIC - Festival du cinéma de Venise, 1966.
Au hasard Balthazar conte la vie d'un âne beau et doux, qui va passer de maître en maître et se trouve chargé, en victime expiatoire, des péchés capitaux des humains auxquels il est mêlé. Son destin croise celui d'une jeune fille, Marie, qui, comme lui, fait l'apprentissage de la douleur du monde.


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