Ces tirs, présentés par Pyongyang comme des « exercices de routine », sont intervenus après la déclaration mardi par le Nord d'une zone d'exclusion à la navigation dans ce secteur frontalier. « Nous sommes clairement opposés à tout nouvel acte d'agression qui augmenterait les tensions dans cette zone frontalière historiquement disputée », a réagi hier le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell, qui a appelé « tout le monde » à « faire preuve de retenue ». Le fait que la Corée du Nord ait déclaré une zone d'exclusion à la navigation « et les tirs d'artillerie constituent des actes de provocation », a de son côté déclaré le porte-parole du département d'État, Philip Crowley.
La frontière intercoréenne en mer Jaune constitue une zone ultrasensible où se sont déjà produits plusieurs incidents navals. Les plus graves en 1999 et 2002 ont opposé des navires nord et sud-coréens. Le plus récent s'est produit en novembre dernier. La zone maritime frontalière est une source incessante de conflits entre Pyongyang et Séoul depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953). Le Nord conteste cette frontière établie par les Nations unies à la fin de la guerre, et souhaiterait qu'elle soit déplacée plus au sud. Selon le journal sud-coréen Chosun Ilbo, Séoul a décidé de suspendre toute discussion avec le Nord si des projectiles tombaient au sud de la ligne maritime frontalière (Northern Limit Line, NLL). Séoul étudie aussi la possibilité de tirs de représailles en mer, tout près des batteries terrestres nord-coréennes, selon un responsable militaire cité par le quotidien. Des affirmations que la présidence sud-coréenne n'a pas souhaité commenter.
Malgré la tension, le ministère sud-coréen de l'Unification entend participer lundi à des discussions prévues à Pyongyang sur l'avenir d'un complexe industriel frontalier. Dimanche, le Nord avait fustigé un plan sud-coréen prévoyant une « frappe préventive » contre son territoire afin de contrecarrer toute attaque nucléaire. Sur ce dossier, Pyongyang exige comme préalable à la reprise des négociations sur sa dénucléarisation un traité de paix avec les États-Unis, ce que ces derniers refusent. Hier, lors de son grand discours annuel sur l'état de l'Union, le président américain Barack Obama a de nouveau mis en garde Pyongyang, rappelant que ce pays était de plus en plus isolé diplomatiquement et soumis à des sanctions accrues.
Dans ce contexte de crispations diplomatiques, un ressortissant américain, le deuxième en un mois, a été arrêté pour être entré illégalement en Corée du Nord, depuis la Chine, a indiqué hier l'agence officielle nord-coréenne KCNA.


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