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Cinema- - Entre Parenthèses

The Notebook

« Laissez parler les p'tits papiers. À l'occasion. Papier chiffon. Puissent-ils un soir.  Papier buvard. Vous consoler. » Concoctés par le grand Gainsbourg, dont le film Vie héroïque est déjà sorti en France, et par Régine, ces petits papiers sont en voie d'extinction. Griffonner, raturer et sentir cette gomme ronde frotter son flanc sur la feuille noircie par le crayon mine : autant de gestes, de sensations qui n'existent plus. Remplacés par le « deleter », le « cliquez ici » ou  la flèche « échapper », ils n'ont plus leur raison d'être dans un monde non d'écrivains, mais
d'internautes.
Bientôt enterrés ce papier journal qu'on froisse, qu'on plie pour lire et relire à loisir, cette page qu'on ne tourne plus, mais qu'on ouvre.  « Veuillez s'il vous plaît ouvrir la page de ce site » ? Et que sont devenus ces gros agendas sur lesquels nous inscrivions nos rendez-vous, nos impressions, notre année parcourue ? Que sont devenues les cartes postales, impressions joyeuses des souvenirs de voyage que nous envoyions à nos familles et amis ? Que sont devenues les lettres d'amour  qu'on dévorait du regard et où tout un destin pouvait se construire à travers des mots trempés dans l'encre du cœur ? Que  font aujourd'hui les jeunes adolescentes ? N'écrivent-elles plus leurs premiers émois ? Ne confient-elles plus aux petits papiers le souvenir des premiers baisers ? N'y a-t-il plus ce petit journal avec petite clef à l'appui qu'on cache minutieusement dans un tiroir ?  
Tous ces papiers jaunis, défraîchis et même envolés avec le temps laissent la place à un écran lumineux. Savant, plus savant que nous, malin, plus malin que nous, mais c'est à lui qu'on confie tout. Lorsque dans The Notebook de Nick Cassavettes, James Garner lit un livre à Gena Rowlands atteinte d'Alzheimer, c'est à travers les pages qu'on devine le roman d'une vie. Pourra-t-on dire de même de l'ordinateur ? J'en doute.
« Laissez parler les p'tits papiers. À l'occasion. Papier chiffon. Puissent-ils un soir.  Papier buvard. Vous consoler. » Concoctés par le grand Gainsbourg, dont le film Vie héroïque est déjà sorti en France, et par Régine, ces petits papiers sont en voie d'extinction. Griffonner, raturer et sentir cette gomme ronde frotter son flanc sur la feuille noircie par le crayon mine : autant de gestes, de sensations qui n'existent plus. Remplacés par le « deleter », le « cliquez ici » ou  la flèche « échapper », ils n'ont plus leur raison d'être dans un monde non d'écrivains, mais d'internautes. Bientôt enterrés ce papier journal qu'on froisse, qu'on...
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