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Économie - Liban - Tourisme

La demande libanaise, pilier de la prospérité des voyagistes en 2009

Malgré un contexte économique mondial et régional plutôt sombre, marqué par une baisse globale du pouvoir d'achat et en dépit du recul de la demande en provenance du Golfe, l'« exception libanaise » a permis aux tour-opérateurs de trouver la parade et d'engranger, paradoxalement, des bénéfices.
Avec plus de 1,85 million de touristes, en hausse de 39 % par rapport à 2008, 2009 aura été une bonne année pour le tourisme au Liban. Néanmoins, la récession mondiale et la crise économique du Golfe ont indirectement affecté le secteur : d'une part, sur le plan local, les dépenses détaxées par touriste (total des dépenses détaxées/nombre de touristes remboursés) ont reculé en moyenne de 7 % l'an dernier. D'autre part, le nombre de clients provenant du Golfe (y compris les Libanais expatriés basés dans les pays arabes) ayant recours aux agences de voyages aurait enregistré une baisse aux dires de plusieurs agences interrogées par L'Orient-Le Jour, bien qu'en parallèle, le nombre de ressortissants arabes sur le sol libanais n'ait jamais été aussi important qu'en 2009 avec 42 % d'un nombre total de touristes jamais encore égalé.
Se servant souvent du Liban comme d'une plate-forme de départ pour se rediriger vers d'autres destinations, les ressortissants et résidents des pays du Golfe auraient annulé quantité de réservations en 2009. Plusieurs agences de voyages ont de ce fait souffert du resserrement général des budgets, et certains opérateurs de petit gabarit n'ont pas enregistré de progression de leur chiffre d'affaires entre 2008 et 2009. Le bilan reste toutefois positif pour la plupart des tour-opérateurs, notamment ceux qui ont été en mesure de s'adresser à une clientèle diversifiée ou en tout cas pas exclusivement arabe.
À titre d'exemple, Mme Maud Nakhal, de Nakhal Travel, a indiqué que les ventes de son agence ont nettement augmenté par rapport à 2008. La compagnie Tania Travel a, quant à elle, confirmé que l'année 2009 avait été bonne, sans toutefois donner plus de précisions. Le point commun entre les deux agences : une clientèle majoritairement libanaise (70 % pour Nakhal, 80 % pour Tania).

Une demande locale croissante
Les voyagistes ont certes dû faire preuve d'initiative pour contrer les effets de la crise régionale et les annulations qui ont suivi : prix bradés, forfaits intéressants, ristournes ...
Mais la chance du Liban a été d'être relativement épargné par le marasme environnant qui n'a pas généré d'érosion substantielle de la demande locale. La baisse du nombre de clients du Golfe aurait été ainsi, d'après plusieurs professionnels du secteur, contrebalancée par la hausse de la clientèle locale. Sans oublier l'afflux d'expatriés libanais provenant des pays anglo-saxons, d'Europe ou d'Afrique, et encouragés à visiter le pays par la stabilisation de la situation politique et sécuritaire au lendemain des élections du 7 juin et suite à la formation du gouvernement en novembre.
De plus, crise internationale ou pas, les voyagistes ont pu constater une augmentation concrète de l'afflux des touristes occidentaux.
« Il est vrai que nous n'avons pas eu autant de commandes en provenance de Dubaï ou d'Abou Dhabi que d'habitude - environ 20 % de notre clientèle -, mais nous avons enregistré en contrepartie une augmentation de 40 % à 50 % du nombre de voyageurs libanais au niveau des croisières organisées ou des clubs de vacances », a ainsi expliqué Mme Nakhal.
Les clients, notamment les familles, sont en effet de plus en plus friands du forfait tout compris qui permet de limiter les dépenses et d'éviter les frais imprévus. Coût moyen d'une semaine dans les pays guère éloignés, en formule tout inclus pour une famille de 4 personnes (2 adultes et 2 enfants) : 1 250 dollars par personne en incluant le vol, les transferts, les repas et les activités.

Les destinations privilégiées
Au niveau des destinations, le bassin méditerranéen est resté grand favori en raison de sa proximité et de son attractivité pour tous les âges et toutes les catégories socioprofessionnelles. La Turquie en particulier se démarque largement car jeunes comme seniors y trouvent des destinations correspondant à leurs attentes et à leurs budgets. « L'été dernier, nous avons atteint un pic de 5 charters par semaine en direction de la Turquie », a affirmé Mme Nakhal. Sur les 9 destinations les plus prisées des clients de Tania Travel, la Turquie était également l'un des seuls pays voisins figurant en tête de liste (avec l'Égypte et la Grèce).
La force actuelle de l'euro a nettement contribué à faire pencher la balance en faveur des pays méditerranéens. M. Johnny Médawar, directeur de communication de Wild Discovery, tour-opérateur affilié au groupe Johnny R. Saadé Holdings, a ainsi souligné qu'aujourd'hui, « avec les variations du cours de l'euro (...), se rendre en Europe devient plus coûteux pour les Libanais (...) ». Selon lui, il ne faut pas compter moins de 700 dollars par personne (incluant le billet d'avion) pour un séjour de trois nuitées en hôtel 3 étoiles à Paris, tandis qu'une semaine entière en Turquie sera facturée 550 dollars par personne.
Cela étant, 2009 a aussi confirmé l'intérêt de plus en plus marqué des Libanais pour les destinations exotiques. Surtout prisés par les jeunes mariés et les adultes actifs, les pays comme la Thaïlande ou le Sri Lanka sont attractifs en raison de leurs prix abordables et attirent de plus en plus de jeunes : « Un circuit au Sri Lanka en hôtel 4/5 étoiles coûte en moyenne dans les 850 à 900 dollars la semaine », selon M. Médawar. Une moyenne effectivement relevée dans plusieurs autres compagnies de voyages, qui ont de plus en plus recours aux facilités de paiement en plusieurs versements pour des taux d'intérêt relativement bas.
Des voyages rendus plus abordables : une tendance générale encouragée par une économie stable et la résorption graduelle de la crise dans le reste du monde. Tout cela devrait a priori constituer les ingrédients d'une année fructueuse pour les tour-opérateurs.
En tout état de cause, il semblerait que le consensus général soit que l'année 2010 sera très bonne, voire exceptionnelle, si la situation politique locale reste stable. La récente suppression des visas pour la Turquie a été perçue comme une excellente nouvelle par les agences, qui s'attendent à être submergées de commandes l'été prochain. « On s'attend a un été très fort (...) Ça va être la folie », a déclaré Mme Nakhal, toujours au cours de son entretien avec L'Orient-le Jour. Il reste à espérer, du moins pour le tourisme intra-muros, que la capacité d'absorption locale en termes d'hôtels sera à la hauteur, ainsi que l'a souligné la majorité des voyagistes interrogés.
Avec plus de 1,85 million de touristes, en hausse de 39 % par rapport à 2008, 2009 aura été une bonne année pour le tourisme au Liban. Néanmoins, la récession mondiale et la crise économique du Golfe ont indirectement affecté le secteur : d'une part, sur le plan local, les dépenses détaxées par touriste (total des dépenses détaxées/nombre de touristes remboursés) ont reculé en moyenne de 7 % l'an dernier. D'autre part, le nombre de clients provenant du Golfe (y compris les Libanais expatriés basés dans les pays arabes) ayant recours aux agences de voyages aurait enregistré une baisse aux dires de plusieurs agences interrogées par L'Orient-Le Jour, bien qu'en parallèle, le nombre...
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