« Travaux publics : revêtement pour des chaussées préparé avec cette roche, pulvérisée et mélangée à chaud à du bitume. »
Avec une définition pareille, force est de dire en réponse à ma question-titre : non, l'asphalte n'est pas soluble dans l'eau.
Ha ! ha ! C'est faire peu de cas de l'esprit inventif des Libanais et surtout de ceux qui travaillent au ministère des Travaux publics et des Transports. Car avec les premières pluies, ils prouvent bien que l'asphalte est soluble. Na !
Moi qui ai une formation d'ingénieur civil, c'est bien aussi ce que j'ai appris à l'ESIB. Mais sur la route qui me mène chaque jour à mon bureau à Mansourieh, à partir de Mar Takla et en passant par les Kanater Zbaydé, je suis forcé d'admettre que l'asphalte libanais est soluble dans l'eau et contredit la définition de mon dico.
En effet, depuis que le rond-point de Mkallès et la montée vers Mansourieh connaissent des embouteillages effarants, de nombreux conducteurs ont profité de l'asphaltage de cette route (grâce surtout à ce grand centre hospitalier qui proclame avoir une « belle vue » sur la vallée - et c'est vrai), la route avait été asphaltée et nous l'empruntons - à un taux d'intérêt élevé - tous les jours pour aller du Metn-Sud vers le Metn-Nord, et vice versa. Premières pluies et premières « dissolutions de l'asphalte », et apparition de trous dans la chaussée. Les camions arrivent, colmatent les trous, dament l'asphalte et on se dit : c'est bien !
Deuxième vague de pluie. Bis repetita, l'asphalte « fond », les crevasses réapparaissent, les conducteurs font des slaloms pour éviter de tomber dans les crevasses et attendent en files pour faire passer la caravane de voitures venant en sens inverse.
J'ai compté quatre asphaltages différents depuis le début de la saison des pluies.
Devant cet état de choses, les chauffeurs ne peuvent que... broyer du noir.
Noir comme l'asphalte!

