C'est sans doute une nouvelle page qui s'ouvre dans le long épisode du lancement du broadband au Liban. Hier, et pour la première fois depuis la création du Lebanese Broadband Stakeholders Group (LBSG) - un comité représentant le secteur privé et dont l'objectif ultime est d'introduire l'Internet haut débit au Liban - une conférence a été organisée par ce dernier, regroupant un nombre important de haut placés. Parmi les participants figuraient en effet le ministre des Télécommunications, Charbel Nahas, le président de l'Autorité de régulations des télécoms (ART), Kamal Chéhadé, ainsi que deux représentants de la Banque mondiale, venus exposer les résultats d'une étude élaborée par l'instance internationale sur l'impact économique du broadband au Liban.
Le ministre des Télécoms, qui a exposé à cette occasion le plan de son ministère, a indiqué qu'une enveloppe de 250 milliards de livres sera allouée en 2010 au financement des projets visant à faciliter l'introduction du broadband au Liban. Ce plan porte notamment sur l'augmentation de la capacité de connexion internationale de 2 à 120 gigabits, à travers, entre autres, l'exploitation à partir de mai prochain des grands câbles implantés en Inde, au Moyen-Orient et en Europe, l'élargissement et l'interconnexion des réseaux de fibre optique et la modernisation des centraux téléphoniques. Le plan élaboré par le ministère porte également sur une augmentation des lignes internationales E1 de 800 à 4 000.
De son côté, le président de l'ART, Kamal Chéhadé, a mis l'accent, durant son allocution, sur la nécessité d'accompagner les travaux d'infrastructure par la mise en place d'un cadre de régulation favorisant la concurrence sur ce créneau, conformément à loi n° 431, relative au secteur des télécoms. « Une couverture optimale du territoire et une forte pénétration du broadband nécessitent en effet un environnement propice à la compétition. (...) Cela implique l'application de diverses mesures, dont la création de Liban Télécoms (...) », a-t-il ainsi souligné. Le président de l'ART a appelé en outre à faciliter l'entrée de nouvelles compagnies sur le marché, plaidant, par ailleurs, en faveur d'une séparation stricte des fournisseurs entre grossistes et distributeurs.
L'impact économique
En parallèle, la conférence organisée hier a été l'occasion d'exposer, pour la première fois, les résultats d'une étude élaborée par la Banque mondiale sur l'impact de l'introduction du broadband au Liban sur la croissance et les finances publiques. Selon cette étude transversale, une hausse de 10 % du taux de pénétration du broadband en 2008 aurait engendré une croissance annuelle récurrente de 1,2 à 1,5 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui équivaut à la création de richesses supplémentaires de l'ordre de 348 à 435 millions de dollars par an. Selon ce scénario, les recettes publiques auraient également augmenté entre 78 et 98 millions de dollars par an. Outre l'aspect quantitatif, l'étude souligne l'impact du broadband sur le développement et l'essor de divers secteurs économiques.
À ce sujet, le représentant de l'Association des banques au Liban (ABL), Khalil Lteif, a mis l'accent dans son allocution sur l'importance que représente la mise en place de l'Internet haut débit pour le secteur bancaire. « Plus que jamais, les banques locales ont besoin du broadband pour faire face à la concurrence mondiale et pouvoir mieux se conformer aux réglementations internationales (...), a-t-il souligné. Qu'il s'agisse d'un meilleur contrôle des risques opérationnels, à travers la synchronisation des données bancaires, ou de l'introduction de nouveaux services en ligne, chaque banque a besoin aujourd'hui d'une vitesse de connexion de 1 gigabit au minimum », a-t-il indiqué.

