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Économie - Liban - Climat

Le retard de la neige, un désastre touristique

L'absence de neige a durement affecté la zone touristique d'Ouyoune el-Simane-Kfardebian. Les spécialistes des sports d'hiver sont les plus touchés avec un manque à gagner représentant plus du tiers de leurs revenus annuels. Les hôtels, eux, ne sont que partiellement épargnés.

La neige, qui, habituellement, recouvre les sommets du Liban dès décembre, n'a pas encore été cette année au rendez-vous. Janvier est déjà presque à moitié écoulé et les pistes habituellement envahies par les amateurs de sports de glisse à cette période de l'année sont toujours rocailleuses, au grand dam des amateurs de ski et des professionnels des stations hivernales, qui attendent cette saison pour rentabiliser leurs investissements et engranger une grande partie de leurs revenus annuels.
À Ouyoune el-Simane et Kfardebian, les propriétaires des commerces spécialisés dans la location du matériel de glisse sont au désespoir : la saison, qui aurait dû commencer au plus tard fin décembre, est désastreuse.
« Les recettes habituellement générées par les vacanciers pendant la saison des fêtes de Noël constituent à elles seules plus de 30 % de la totalité de mes gains, déclare un patron visiblement très affecté par la situation. Même s'il neigeait bientôt, même si la saison dure jusqu'au mois de mars... je serais perdant (...) J'ai des employés à rémunérer, des charges à payer, un stock de matériel à renouveler et des crédits à rembourser. Croyez-moi que les banques se fichent pas mal de savoir si la saison a été bonne. Elles ne nous feront pas de cadeau. »
 Même bilan pessimiste pour un haut responsable de la très populaire station de ski du Mzaar. D'abord réticent à se confier à L'Orient-Le Jour, il finira par déclarer que les pertes du complexe hivernal sont pour le moment évaluées à 35 %, « voire 40 % », en comparaison avec le total des bénéfices réalisés l'an dernier.
En revanche, les professionnels du secteur hôtelier et de la restauration, situés dans la périphérie de la station de ski du Mzaar, déclarent de leur côté ne pas avoir subi de pertes excessives suite à la baisse de l'afflux touristique dans la région. Il reste toutefois qu'on est loin du complet qu'affiche habituellement, pendant plusieurs semaines, la quasi-totalité des établissements de la région.
Walid Kanaan, directeur général de l'hôtel InterContinental-Mzaar situé à proximité des pistes de ski, a déclaré dans un entretien avec L'Orient-Le Jour qu'une saison pour le moment privée de neige était certes « calme » en raison d'un certain nombre d'annulations ou de reports de réservations, mais que la région proposait néanmoins foule d'autres activités sportives, ludiques ou relaxantes, permettant aux touristes de se distraire - et de consommer - en dépit des caprices climatiques du moment.
Du côté de la restauration, le propriétaire d'un établissement très prisé par les Beyrouthins déclare avoir constaté « une nette diminution de la fréquentation touristique ». « Mais l'afflux massif des vacanciers pendant les vacances d'hiver est un "bonus" saisonnier, un gain supplémentaire à rajouter à nos recettes annuelles, ajoute-t-il. Nous ne déplorons pas de lourdes pertes, contrairement aux professionnels dont le gagne-pain dépend exclusivement des sports de glisse. Les visiteurs viennent ici été comme hiver et s'arrêtent presque systématiquement dans les restaurants avant d'entamer la longue redescente sur Beyrouth. »
La propriétaire d'un petit snack déclare, quant à elle, que les affaires sont « moins bonnes que d'habitude », mais que la situation n'est pas dramatique pour autant, car, si la quantité de touristes a baissé, la constance des fréquentations tout au long de la semaine est par contre au rendez-vous.

Des solutions alternatives ?
La neige n'est en effet pas l'unique attraction de ces régions montagneuses. Selon M. Kanaan, la région d'Ouyoune el-Simane et Kfardebian jouit de plusieurs autres avantages, en plus de son attraction touristique phare que constituent les sports d'hiver. Des randonnées, la découverte des produits du terroir ou de l'artisanat local, des promenades en quad, l'escalade, ou simplement la recherche du calme et le shopping figurent également au programme de plusieurs établissements touristiques.
De ce fait, l'hôtel Mzaar lui-même a pris depuis longtemps l'initiative d'inaugurer un spa, une salle de cinéma ou encore un auditorium pour attirer les conférenciers désireux de s'éloigner du bruit de la capitale et de ses embouteillages. Les initiatives privées et les packages promotionnels (notamment pour le jour de l'An) ne manquent pas pour booster l'arrivée des touristes, été comme hiver d'ailleurs.

Qu'en est-il au niveau étatique ?
Et là, les choses se corsent. Les enseignes de location de ski, les petits commerces, les restaurateurs et quasiment la majorité des personnes interrogées déclarent ne pas avoir noté d'initiative particulière de la part de leurs élus pour encourager l'afflux de touristes dans la région afin de pallier le manque de neige.
« Dans la plupart des pays occidentaux, les conseils régionaux et les organismes gouvernementaux travaillent main dans la main pour promouvoir et soutenir les commerces locaux. Ici, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes », déclare un spécialiste de la location de skis, maintenant à la retraite.
Un professionnel du secteur hivernal, qui a tenu à garder l'anonymat, dénonce également le manque d'organisation : « Les routes menant aux pistes sont bordées de déchets en tout genre, causés par les vendeurs illégaux amassés sur la route. D'autres se plaignent du mauvais état de l'infrastructure routière. Autant de problèmes qui empêchent de développer davantage le tourisme dans ces régions tout au long de l'année. »
En tout état de cause, il ne reste plus qu'à espérer que le climat se montrera à l'avenir plus « clément » envers les commerçants d'Ouyoune el-Simane et Kfardebian, même si cela implique deux mille mètres plus bas d'éventuels torrents de pluie qui, à leur tour, transformeront en enfer la vie des citadins.
La neige, qui, habituellement, recouvre les sommets du Liban dès décembre, n'a pas encore été cette année au rendez-vous. Janvier est déjà presque à moitié écoulé et les pistes habituellement envahies par les amateurs de sports de glisse à cette période de l'année sont toujours rocailleuses, au grand dam des amateurs de ski et des professionnels des stations hivernales, qui attendent cette saison pour rentabiliser leurs investissements et engranger une grande partie de leurs revenus annuels.À Ouyoune el-Simane et Kfardebian, les propriétaires des commerces spécialisés dans la location du matériel de glisse sont au désespoir : la saison, qui aurait dû commencer au plus tard fin...
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