Julien Lizeroux sur la première marche du podium. Le Français a décroché hier sa première victoire de la saison en Coupe du monde en s’imposant dans le slalom d’Adelboden, en Suisse, au prix d’une deuxième manche époustouflante. Franck Fife/AFP
Dans le premier acte joué sous le soleil en matinée, le Savoyard, qui ouvrait la course, est arrivé en bas « frustré d'avoir commis une faute de débutant dans le mur final ». Dans l'aire d'arrivée, sa maman lâchait : « Ils ne vont pas quand même pas tous lui passer devant ! »
Ce ne fut pas tous mais onze skieurs dont le plus redoutable, l'Autrichien Reinfried Herbst, le leader de la Coupe du monde de slalom, vainqueur sur cette même piste l'an passé. Avec le deuxième chrono de la manche, Herbst paraissait idéalement placé pour décrocher une troisième victoire en slalom de l'hiver.
Mais dans le deuxième acte joué dans la grisaille en après-midi, le skieur de La Plagne a fait trembler les piquets. « Un avion de chasse, un supersonique », lâcha Gilles Brenier, le directeur sportif de l'équipe de France masculine.
Installé en tête, le Savoyard a ensuite vu tous ceux qui l'avaient dépassé trois heures plus tôt s'écrouler, comme Herbst, ou buter sur son temps de référence - les coureurs s'élançant dans l'ordre inversé du classement de la première manche.
Le jeune talent autrichien Marcel Hirscher, qui n'avait pas fini un slalom cette saison, s'est rassuré avec la deuxième place, devant le Croate Ivica Kostelic, déjà bien remis de son opération au genou avant Noël.
« Aujourd'hui, j'ai eu beaucoup d'émotions. Quand on arrive en bas d'une deuxième manche, avec plus d'une seconde d'avance et que la course est très serrée, on se dit qu'on a fait un bon temps, a raconté Lizeroux. Après l'attente commence, les jambes tremblent très, très fort.
Quand j'ai vu que Mattias Hargin (le dernier au départ) était derrière au temps intermédiaire dans le mur final, des sentiments extraordinaires m'ont envahi. »
Le trentenaire a de quoi exulter. Depuis sa toute première victoire à Kitzbühel, dans le sacro-saint du ski alpin le 25 janvier, Lizeroux a fait preuve d'une redoutable constance parmi les meilleurs en slalom, l'épisode Schladming fin janvier mis à part.
« Septième est mon plus mauvais résultat en une dizaine de courses », a rappelé le double médaillé d'argent des Mondiaux de Val-d'Isère. Déjà troisième à Zagreb mercredi, le Savoyard connaît son meilleur début de saison alors que quatre autres slaloms sont encore au programme ce mois-ci avant les Jeux olympiques.
Le Français, débarrassé de sa barbe de Gaulois qui a tant fait jaser, n'est plus qu'à quatre points de Herbst au classement du slalom, de quoi commencer à faire rêver l'encadrement d'un nouveau globe de cristal, après celui de Jean-Baptiste Grange en 2009.
Les Italiens, auteurs d'un doublé à Zagreb, n'ont pas été à la fête : Guiliano Razzoli, vainqueur en Croatie, a chuté en première manche, et Manfred Molgg en seconde.
Resté au pied du podium hier, l'Autrichien Benjamin Raich (4e) conserve la tête du classement général de la Coupe du monde.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine