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Nos lecteurs ont la parole

« Noël et les crèches »

Sylvain THOMAS
La première des crèches fut inaugurée à Bethléem il y a environ deux mille ans, et depuis, quel chemin, quelle histoire ! Cela mériterait une grande encyclopédie illustrée, un grand livre d'étrennes, qui serait aussi un beau prix d'excellence pour un évangile vivant.
Que de crèches dans nos souvenirs ! Depuis la petite coquille de noix, qui s'ouvrait sur un minuscule Jésus posé sur quatre brins de paille, jusqu'au beau poupon de cire, de proportion presque enfantine, vêtu de la petite chemise de lin. Avec respect, le frère sacristain le retirait de l'armoire de la sacristie où il passait onze mois de l'année à l'abri de l'humidité et des mites, à attendre cette sortie de Noël. Il le transportait avec vénération à la chapelle et la déposait dans la crèche pour de longs jours. L'église était si belle alors, si intéressante, si attirante ! Les enfants et les adultes défilaient inlassablement ; ils éprouvaient une piété, une dévotion subite et continuelle tant que duraient les fêtes.
La visite des crèches à travers toutes les églises environnantes de nos quartiers était une pieuse et magnifique excursion, presque un voyage à travers les longs corridors, les escaliers et les grands espaces sans fin. Que de crèches fleurissaient dans toutes ces églises, dans la verdure des blés, dans la neige de coton, et les rochers de carton. L'Enfant Jésus, la Sainte Vierge, saint Joseph, le bœuf, le berger y étaient immuables. Les anges ont annoncé la bonne nouvelle et d'un coup d'ailes, sont redevenus bien stylés, prêts à repartir pour de nouveaux messages. Les autres bergers lointains ont entendu, car ils savaient écouter. Ils ont accouru de loin avec leurs troupeaux. Les Rois mages ont vu l'étoile ; ils ont cru, ils ont suivi la lumière ; les voici avec leurs chameaux, leurs suites, leurs cadeaux. Le cortège s'allonge parfois, car la foi se propage vite lorsqu'elle est vérité.
Certaines crèches ont des variations imprévues : toute une arche de Noé, de petites statues de visiteurs à la peau blanche, rouge, noire, jaune, toutes les races ; on voit même des petites mini-autos, des avions que des enfants prévoyants ont tenus tout prêts pour une nouvelle fuite en Égypte pour saint Joseph et la Sainte Vierge avec l'enfant Christ car on ne savait pas si le triste Hérode allait récidiver.
Les peintres ont souvent abordé avec émotion ce sujet et l'ont interprété différemment. Mais le cadre le plus pauvre, le plus simple est le plus approprié à la grandeur du sujet. On se rappelle une gravure de Noël naïve et suggestive : aux pieds de l'Enfant Jésus, voici la Sainte Vierge pénétrée de grâce, d'amour, d'humilité : elle est concentrée dans cette vision divine, mais elle est déjà la mère des douleurs futures, car elle voit tout ce que l'avenir lui réserve à elle, la corédemptrice.
Un Saint-Esprit semble rayonner entre saint Joseph et les personnages présents, tous ont beaucoup de vie intérieure. C'est la saison des crèches et de Noël. Ils ont tous un reflet pur comme une âme d'enfant. Ils posent tous là pour les générations futures d'une façon solennelle, mais ce nouveau siècle entamé semble sourd, il a la vue qui baisse et la petite étoile n'est visible qu'aux yeux toujours neufs des croyants fervents qui ne seront jamais brouillés par les brumes de la raison humaine qui doute toujours encore et encore ...

Sylvain THOMAS
La première des crèches fut inaugurée à Bethléem il y a environ deux mille ans, et depuis, quel chemin, quelle histoire ! Cela mériterait une grande encyclopédie illustrée, un grand livre d'étrennes, qui serait aussi un beau prix d'excellence pour un évangile vivant.Que de crèches dans nos souvenirs ! Depuis la petite coquille de noix, qui s'ouvrait sur un minuscule Jésus posé sur quatre brins de paille, jusqu'au beau poupon de cire, de proportion presque enfantine, vêtu de la petite chemise de lin. Avec respect, le frère sacristain le retirait de l'armoire de la sacristie où il passait onze mois de l'année à l'abri de l'humidité et des mites, à attendre cette sortie de Noël. Il le...
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