J'en ai connu, oui, j'en ai connu qui ne savent pas encore ce qu'est le « Sky Bar ». Est-ce un resto ? Une boîte ? Un simple bar ? Où se situe-t-il ? Il paraît que ça fait bizarre de poser ce genre de questions et qu'il vaut mieux s'abstenir pour ne pas être traité d'idiot.
J'en ai connu, oui, j'en ai connu, qui n'ont pas cette carte de visite ultrachic qui porterait le nom de « Facebook », sorte de miroir moderne déformant où les sorcières ou devins que nous sommes consultons tous les jours pour nous assurer que nous avons de la personnalité, que nous sommes très aimés et que nous avons un tas d'amis. Il paraît que ça fait bizarre de n'avoir pas cette lucarne vers le monde. Dans quel siècle vis-tu ? Ben voyons !
J'en ai connu, oui, j'en ai connu, qui aiment recevoir chez soi, organiser les anniversaires de leurs enfants à leur domicile et même les réceptions de mariage chez soi. Il paraît que ça fait très ringard de le dire ? Tous ces restaurants, ces vieilles maisons à cachet, ces vieux manoirs, ces parcs d'attractions où l'enfant est perdu dans la foule, c'est fait pour qui, dites ? Vous voulez à vous seul combattre la société de consommation ? Le système ? Mais vous vous prenez pour qui ? N'avez-vous pas lu Don Quichotte ?
J'en ai connu, oui, j'en ai connu qui s'extasient devant un sapin de Noël, qui ont les yeux qui brillent lorsqu'ils entendent les chants et qui pleurent lorsqu'ils savent que d'autres ont froid ou faim durant cette fête qu'ils appellent saison du don et du partage, non des achats et de la luxure. Oui, j'en ai connu des gens comme ça. Je les ai rencontrés. Cette espèce est en voie d'extinction. Ce sont des gens heureux. Des Tziganes dans l'âme. On en trouve quelques-uns au Liban. Cela fait sourire. Car on se dit au fond de soi, à la veille des fêtes, que les miracles arrivent et qu'il y a de l'espoir.
*Film yougoslave d'Aleksander Petrovic.

