Les raisons politiques et militaires sont multiples.
La première raison est l'impasse politique totale dans les pourparlers avec les Palestiniens. Ces derniers, pour des raisons de souveraineté nationale et de conflit entre le Hamas et le Fateh, ne peuvent plus offrir des concessions aux Israéliens, leur marge de manœuvre étant réduite à néant. La décision du président palestinien actuel Mahmoud Abbas de ne plus se représenter à la prochaine élection présidentielle représente la confirmation de cette impasse.
La deuxième raison est que les généraux israéliens, appuyés par l'aile dure du gouvernement actuel, veulent effacer le plus tôt possible les deux défaites imposées à leur armée respectivement par le Hezbollah en 2006 et le Hamas en 2009. En effet, après ces deux guerres enclenchées par Israël, les militaires israéliens, qui ont une grande influence sur les décisions du gouvernement, se posent des questions sur l'avenir et le moral de leurs troupes.
La troisième raison est la volonté des Israéliens de créer un État juif. Cette volonté ne peut se matérialiser en la présence de milliers de Palestiniens à majorité musulmane et possédant la nationalité israélienne. Que faire de ces Arabes d'Israël ? Leur transfert s'impose et la seule manière de le rendre possible est une guerre régionale qui les enverrait en Jordanie, terre légitime des Palestiniens aux yeux des Israéliens.
Une quatrième raison existe : l'arrêt des négociations indirectes entre Israël et la Syrie. Les Israéliens exigent des Syriens l'arrêt de leur aide militaire et politique au Hamas et au Hezbollah, condition que les Syriens ne peuvent accepter à ce stade des négociations en l'absence de contreparties concrètes. L'interception par la marine israélienne dans les eaux internationales d'un navire transportant, selon les dires de Tel-Aviv, des armes en provenance de l'Iran via la Syrie et le Hezbollah fait monter la pression entre Syriens et Israéliens.
La cinquième raison consiste dans le refus de l'Iran de signer avec le groupe des Six (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) l'accord sur l'enrichissement de son uranium, proposé par l'AIEA. Cet accord propose aux Iraniens d'envoyer leur uranium enrichi à 3,5 % à l'étranger (Russie, Turquie, France) afin qu'il soit retraité et renvoyé à l'Iran enrichi à 20 % pour être utilisé à des fins civiles.
Enfin, le recul de la position américaine dans l'affaire des gels de nouvelles colonies, ainsi que dans l'arrêt de la croissance naturelle des colonies existantes, la volonté tenace et sans limites des Israéliens de construire de nouveaux logements (900), notamment à Jérusalem-Est, est la meilleure démonstration qu'aucune pression extérieure ne peut être exercée sur Israël.
Dernière raison sous-jacente : la succession du président Moubarak en Égypte. Il est important pour Israël de voir au pouvoir un successeur (naturellement le fils du président actuel) dont la politique resterait en ligne avec celle de Moubarak, qui ménage les intérêts israéliens. Pour cela, seul un État hébreu en position de force peut assurer cette condition.
Les plans sont préparés. Il reste le choix du moment opportun et de l'excuse qui libèrerait Israël des pressions internationales.

