La facture se monterait à 5 milliards d’euros après impôts pour les banques européennes.
Les analystes de Crédit Suisse précisent que l'exposition des banques européennes au Moyen-Orient ne dépasse pas 1 à 2 % de leurs engagements, Dubaï n'en représentant qu'une portion. Dans l'hypothèse où Dubaï et ses entités parapubliques feraient défaut sur 50 % de leur dette, la facture se monterait à 5 milliards d'euros après impôts pour les banques européennes, ce qui induirait une augmentation de 5 % de leurs provisions pour 2010, selon la note.
La dette totale de Dubaï était estimée à 80 milliards de dollars en 2008, dont 70 milliards de dollars à la charge des compagnies publiques, la société de participations de l'émirat, Dubai World, pesant à elle seule 59 milliards de dollars.
Selon des analystes interrogés par Dow Jones Newswires, l'exposition serait supérieure au montant estimé par Crédit Suisse et atteindrait environ 26 milliards d'euros.
La Banque des règlements internationaux (BRI) évalue à 93 milliards de dollars l'exposition des banques européennes aux Émirats arabes unis, dont 11 milliards pour les établissements français (0,1 % de leurs engagements), dans des documents publiés sur son site. Toujours selon la BRI, le pays le plus exposé est de loin le Royaume-Uni, avec 51 milliards de dollars (0,5 % des engagements).
Dans sa note, Crédit Suisse cite de nombreux noms de banques européennes, notamment les britanniques HSBC, RBS et Barclays, ainsi que les françaises BNP Paribas et Calyon (Crédit Agricole), l'allemande Deutsche Bank et la suisse UBS.
Calyon a indiqué que son exposition était « faible ». Celle de Crédit Suisse ne serait « pas significative », de même que celle d'UBS ou de Deutsche Bank.
Le néerlandais ING a fait savoir que son exposition était « gérable » et qu'il n'avait « pas de raison de revoir ses prévisions de coût du risque » (impayés de clients).
Plusieurs banquiers soulignent que la dette de Dubaï est « très disséminée » et que l'exposition de chaque banque européenne est généralement marginale.
Par ailleurs, beaucoup d'établissements européens anticipent depuis des mois les difficultés économiques de l'émirat.
« Le fait qu'il y ait une bulle immobilière à Dubaï n'est pas une surprise », a commenté Pascal Devaux, économiste risque pays sur le Moyen-Orient à la BNP Paribas. La banque a indiqué à plusieurs reprises ces derniers mois ne pas être exposée au marché immobilier de Dubaï.
Si l'exposition des banques européennes apparaît limitée, plusieurs banques du Moyen-Orient pourraient, en revanche, payer cher une défaillance de Dubaï sur sa dette.
L'agence Standard and Poor's a ainsi placé hier sous surveillance négative quatre banques de Dubaï, ce qui signifie qu'elle envisage d'abaisser leur note.
Elle justifie sa décision par l'« exposition importante » de ces banques à Dubai World et à sa filiale immobilière Nakheel, et s'inquiète du « risque qu'un moratoire ferait peser sur ces banques ».
Sans évoquer l'annonce de Dubaï, l'analyste de Nomura, Tarik el-Mejjad, a estimé, dans une note publiée hier, que « la détérioration de la qualité des actifs dans les Émirats arabes unis n'est encore que peu avancée ». Il prévoit une accélération des défauts sur les prêts en 2010, qui devrait toucher jusqu'à 6 à 7 % des crédits à cette échéance, niveau très élevé.


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