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Nos lecteurs ont la parole

L’eau, un problème vital

Joseph W. ZOGHBI
Faut-il se taire sur l'incapacité des pouvoirs publics à résoudre les problèmes de la vie quotidienne ? Je me le demande, car chaque fois que je critique l'establishment sur son incapacité à nous assurer une vie quotidienne normale et décente, on me rétorque que le pays passe par un moment crucial de son histoire.  On veut toujours excuser les gouvernements successifs de ne pas avoir agi ou de ne pas avoir eu la volonté nécessaire pour résoudre ces problèmes puisqu'ils étaient constamment confrontés à  des problèmes autrement plus importants pour pouvoir  s'occuper de nous, petites gens.
L'un de ces problèmes cruciaux, qui n'a pas encore trouvé de solution, est celui de l'eau. Est-il normal, dans un pays comme le Liban dont le sous-sol est littéralement une éponge et qui regorge de cette ressource, que chaque foyer en soit réduit à assurer ses besoins en eau par ses propres moyens un jour sur deux ou sur trois ?
Des milliards, nos milliards, ont été dépensés sur tout, mais surtout pas sur l'utilisation de chaque goutte d'eau qui tombe du ciel sur notre pays, alors que nos ennemis jurés, les Israéliens, se battent pour voler toute l'eau qui est à portée de leur main, surtout celle du Golan, du Hasbani et de la Cisjordanie. Et nous, pauvres Libanais, nous  attendons patiemment que le misérable filet d'eau  vienne remplir nos réservoirs assoiffés. Soulever la question de l'eau est tabou. Comme si le sujet  n'était pas important et surtout stratégique.
L'on se demande quand les pouvoirs publics, quelles que soient leurs tendances  (je ne fais surtout pas de politique ici, nous en somme gavés), mettront les plans des barrages qui se trouvent dans les tiroirs en exécution puisque des études pour retenir plus de 850 millions de mètres cubes d'eau ont été faites sur des sites tels que Qanate (région de Nabatiyeh, Khardali (sur le Litani), Bessri (sur Bessri - Ouwali), Kamed el-Lawz, l'Oronte, Dar Be'echtar (Nahr el-Asfour), Janna (Nahr Ibrahim). Le seul qui a été exécuté est celui de Chabrouh (8 millions de mètres cubes, on en est encore loin du compte), mais on attend toujours de voir l'eau couler dans nos robinets au Metn et au Kesrouan.
L'on s'est perdu en conjectures pour savoir qui allait avoir quoi du gâteau gouvernemental. Maintenant que les parts ont été définies, les Libanais attendent toujours la distribution de l'eau.
Nous souhaitons que le nouveau ministre de l'Énergie et de l'Eau et les autres ministres concernés lancent le chantier d'un de ces barrages chaque année. Ils gagneront sur tous les fronts, en électricité dans certains cas et en eau pour sûr. Je ne pense pas que le financement des barrages posera problème puisque le problème de l'eau est universel et d'une importance vitale. Au pire des cas, on pourra toujours faire un montage financier, même en BOT. Il y aura plein de grandes sociétés mondiales qui se bousculeraient pour enlever les contrats, il suffit de les proposer.
J'espère que nos cris vont réveiller les consciences des  membres de ce nouveau gouvernement pour qu'enfin il s'attelle sérieusement à résoudre les problèmes de notre quotidien, problèmes qui sont aussi grands que les problèmes d'ego dont souffre le Liban.
Comme ce poète arabe qui disait de quelqu'un qui avait tout à sa portée alors qu'il n'en faisait pas usage : « Comme les dromadaires assoiffés dans le désert alors qu'ils portent l'eau sur le dos. »

Joseph W. ZOGHBI
Faut-il se taire sur l'incapacité des pouvoirs publics à résoudre les problèmes de la vie quotidienne ? Je me le demande, car chaque fois que je critique l'establishment sur son incapacité à nous assurer une vie quotidienne normale et décente, on me rétorque que le pays passe par un moment crucial de son histoire.  On veut toujours excuser les gouvernements successifs de ne pas avoir agi ou de ne pas avoir eu la volonté nécessaire pour résoudre ces problèmes puisqu'ils étaient constamment confrontés à  des problèmes autrement plus importants pour pouvoir  s'occuper de nous, petites gens. L'un de ces problèmes cruciaux, qui n'a pas encore trouvé de solution, est celui de l'eau. Est-il normal,...
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