À cette priorité urgente s'ajoute celle de la réduction du service de la dette qui constitue, aux dires de nombreux économistes, un des plus grands défis économiques à relever. Outre la croissance atypique du stock des engagements de l'État qui représente aujourd'hui près de 170 % du produit intérieur brut (PIB), le service de la dette accapare en effet à lui seul 45 % des recettes publiques, constituant ainsi une entorse majeure à la croissance. Sa réduction est toutefois sujette à la mise en place d'un vaste chantier de réformes, incluant, entre autres, la réduction du déficit de l'EDL - qui représente 40 % de ce service -, mais aussi l'assainissement des finances publiques. Pour certains économistes, une privatisation partielle ou totale des secteurs de l'énergie et de la téléphonie mobile serait une des solutions les plus appropriées à ce problème puisqu'elle permettrait non seulement de réduire le service de la dette, mais de diminuer également le principal de cette dette. Rappelons à cette fin qu'une étude élaborée avant le déclenchement de la crise internationale par le Crédit suisse avait estimé à plus de six milliards de dollars les recettes engendrées par la vente des deux réseaux mobiles. Si ce scénario relève aujourd'hui de l'imaginaire, il n'en reste pas moins que le principe demeure applicable et qu'une privatisation, ne serait-ce que partielle, de certains secteurs aiderait largement à réduire la dette sous laquelle croule le pays.
Parmi les priorités économiques du gouvernement actuel figure également l'exploitation de l'excès de liquidités, dont a paradoxalement profité le pays au lendemain de l'éclatement de la crise mondiale. Dans un ancien entretien avec L'Orient-Le-Jour, l'économiste et actuel ministre des Télécoms Charbel Nahas avait en effet estimé entre deux et trois milliards de dollars le montant supplémentaire des capitaux affluant vers le Liban cette année. Pour que le Liban puisse profiter de cette manne, le gouvernement devrait ainsi encourager les investissements et le lancement de nouveaux projets à travers la mise en place de mesures incitatives permettant, entre autres, de développer l'activité de crédit.
Le nouveau cabinet devrait en parallèle s'atteler à résoudre un éventail de problèmes socio-économiques, dont le déficit de la Caisse nationale de la Sécurité sociale (CNSS), la congestion routière, les carrières, etc. D'autres questions, telles que celles du développement des marchés financiers, ou encore la mise en place du broadband - indispensable à l'essor de certains secteurs à haute valeur ajoutée (NTIC) - devraient également figurer au menu des prochaines réunions du cabinet.
La liste est longue, très longue... En attendant, il faudra espérer que le gouvernement actuel ne reléguera pas au second rang les questions économiques, comme cela a souvent été le cas au cours des années précédentes, et que le délai accordé aux solutions ne soit pas aussi long que celui de la naissance même du cabinet...

