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Nos lecteurs ont la parole

À tous ceux qui luttent pour nos enfants

Par Lamia SFEIR DAROUNI
Cette lettre est un hommage à des personnes qui mènent un combat avec comme seules armes, leurs peines et leurs larmes.
Je m'adresse à ces parents qui ont compris qu'en l'absence d'un État, seuls leur souffrance et leur témoignage sauveront et réveilleront nos enfants.
Je m'adresse à ces parents écrasés de douleur et qui, inlassablement, parlent à nos jeunes, les conseillent, leur racontent la vie de leurs fils, Hadi, parti trop tôt, trop vite, trop brutalement au volant de sa voiture.
Je rends hommage à ce papa qui aurait voulu que son fils soit sanctionné par l'autorité pour excès de vitesse, ou non-port de la ceinture au volant, et qui, aujourd'hui, utilise sa mort pour sauver d'autres vies. « Hadi avait 18 ans, votre âge quand il est mort. Il ne portait pas ce soir-là sa ceinture. Aujourd'hui, il n'est plus là, » murmure-t-il entre deux sanglots.
Je pense à la douleur de cette mère qui supplie nos enfants : « Si vous avez des parents, pensez à eux en conduisant. »
Aujourd'hui, ces parents en veulent au silence de nos dirigeants, trop occupés à compter le contenu de leurs portefeuilles qu'à sauver la vie de nos enfants. Des milliers de jeunes sont fauchés sur les routes, et l'État ne réagit toujours pas. Des milliers de jeunes sont victimes de l'inconscience des camionneurs, et nos chefs, trop aveuglés par leur guerre du pouvoir, continuent leur politique de l'autruche, ignorant ces milliers de jeunes qui meurent chaque année sur les routes.
Face à l'absence de cet État, ces parents ont compris que c'est eux qui mèneront le combat, c'est eux qui sauveront nos enfants. Ils ravalent leurs larmes, circulent de collège en université, abordent les jeunes, les sensibilisent aux dangers de cette vitesse qui tue, aux méfaits de la boisson au volant, à la nécessité de porter à tout moment la ceinture de sécurité. Ils montrent des images de leur fils, petit, Hadi riant, Hadi buvant un dernier verre deux heures avant sa mort. Ils parlent de la douleur des copains qui n'ont pas su le conseiller et le sauver. Ils supplient, secouent nos enfants, les mettent face à la mort pour mieux les éveiller.
Je ne connais pas ces parents, je n'ai pas connu leur enfant. Mais aujourd'hui, ils nous épargnent à nous de vivre le calvaire de leur souffrance. Face à tant de courage et de dignité, je ne peux que leur adresser une prière, à eux, à Hadi, et à tous ceux qui luttent pour sauver nos enfants. Et face au visage bouleversé de mon fils par la douleur de ces gens, je ne peux que dire : « Kun Hadi », mon fils. La mort est trop brutale et ta vie trop précieuse !
Cette lettre est un hommage à des personnes qui mènent un combat avec comme seules armes, leurs peines et leurs larmes. Je m'adresse à ces parents qui ont compris qu'en l'absence d'un État, seuls leur souffrance et leur témoignage sauveront et réveilleront nos enfants.Je m'adresse à ces parents écrasés de douleur et qui, inlassablement, parlent à nos jeunes, les conseillent, leur racontent la vie de leurs fils, Hadi, parti trop tôt, trop vite, trop brutalement au volant de sa voiture.Je rends hommage à ce papa qui aurait voulu que son fils soit sanctionné par l'autorité pour excès de vitesse, ou non-port de la ceinture au volant, et qui, aujourd'hui, utilise sa mort pour sauver d'autres vies. « Hadi avait 18 ans, votre...
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