Rechercher
Rechercher

Économie - Liban - Énergie

E-Aley : des projets innovants en attente de concrétisation

L'Électricité de Aley propose plusieurs solutions pour pallier les défaillances du secteur public de l'énergie, dont le recours à des moyens de production « verts ». Néanmoins, les projets prêts à être lancés sont toujours en suspens. À qui la faute ?

L'Électricité de Aley (E-Aley), dont la fondation remonte à 1924, est une société privée en charge de la gestion de la distribution de l'électricité ainsi que de la collecte des paiements à Aley et dans plusieurs autres régions (dont Kmatieh, Souk el-Gharb et Aïn el-Remmaneh) depuis 2005. Au cours d'une rencontre hier avec la presse, le directeur général adjoint d'E-Aley, M. Albert Khoury, a fait le bilan de la situation du secteur de l'énergie régionalement et nationalement, et exposé la difficulté à mettre en place les futurs projets de la société.

Un secteur public défaillant
D'après M. Khoury, « les besoins de production d'électricité au Liban sont estimés à 2 300 mégawatts (MW) dont uniquement 1 600 MW sont actuellement produits par l'Électricité du Liban (EDL) dont E-Aley et toutes les autres sociétés engagées à distribuer de l'énergie ». De plus, toujours selon les chiffres d'E-Aley, 38 % de la demande d'électricité au niveau national serait satisfaite par des producteurs privés, soit des générateurs bruyants et polluants qui ne reversent aucun impôt à l'État.
Les lacunes du secteur de l'énergie sont nombreuses et existent tout au long du processus de la production de l'énergie jusqu'à la collecte des paiements : incapacité à satisfaire la demande toujours croissante, une infrastructure « obsolète » pour citer E-Aley, les coupures de courant à répétition ou encore la succession trop fréquente de ministres, gros obstacle à un suivi continu sur le long terme. À ces divers problèmes, E-Aley propose des solutions dont certaines ont déjà été mises en place à Aley et ses environs depuis des années.
Ainsi, la société, chargée - sous la tutelle du ministère de l'Énergie et de l'Eau - de répondre aux attentes de 12 000 abonnés et d'une capacité de distribution de 10 MW a mis en place depuis environ 4 ans un système de facture détaillée (concept récemment repris par l'EDL) et utilise la technologie virtuelle GIS permettant de visualiser l'intégralité du réseau d'utilisateurs d'E-Aley.
Mais l'Électricité de Aley, qui a de ce fait un record de collecte de presque 100 %, souhaiterait étendre ces solutions à l'ensemble du pays, ou du moins avoir l'autorisation des autorités de mettre en place des projets axés, entre autres, sur l'énergie renouvelable. « Nous visons à améliorer la prestation globale, et commencer à produire de l'énergie à Aley et dans d'autres régions, de sorte que l'État et le public puissent enfin profiter de l'énergie durable qui génère des revenus pour le Liban au lieu de vider les coffres de l'État à plus d'un milliard de dollars par an, comme c'est actuellement le cas », a déclaré M. Khoury.

Des projets « verts »
E-Aley compte donc s'atteler au lancement de projets « verts » de production d'énergie, comme par exemple l'implantation d'un parc d'éoliennes dans la région du Akkar. Des études sur trois ans ont en effet confirmé l'importance du potentiel de la région du Nord en termes de puissance du vent (8 mètres par seconde) pouvant permettre de générer jusqu'à 60 MW, soit l'alimentation d'environ 60 000 foyers. « Le secteur public n'a pas été en mesure de s'adapter aux nouvelles formes de production d'énergie et n'a rien proposé », a souligné Albert Khoury, qui a ensuite demandé que « l'État laisse faire les spécialistes ».
Un autre projet d'envergure envisage également l'utilisation d'un espace de stockage d'une superficie de 16 000 mètres carrés du port de Jiyé afin d'y contruire et d'opérer une installation pouvant potentiellement générer 60 MW. Ce projet, entièrement privé, pourrait faire économiser quelque 23 millions de dollars à l'État d'après Albert Khoury, qui a ajouté  : « Nous sommes plus que convaincus qu'un partenariat entre les entreprises du secteur privé professionnel telles que E-Aley et l'État permettrait d'éliminer les pressions environnementales et financières imposées par le système actuel. »
Néanmoins, plusieurs facteurs politiques, économiques et humains ont bloqué jusqu'à maintenant le lancement des projets de la société  : la lenteur de l'application de la loi 462 qui réglemente la privatisation du secteur de l'énergie, le contexte politique parfois agité, les événements de 2006 ou encore le hiatus gouvernemental de 2009... Ou tout simplement le manque d'engagement de la part des ministres eux-mêmes  : « Un ministre de l'Énergie et de l'Eau, à l'époque en fonctions, m'a tout bonnement dit que les énergies renouvelables ne l'intéressaient pas (...), qu'elles étaient coûteuses et qu'il n'y voyait pas d'intérêt », confie en privé M. Khoury.
E-Aley est donc obligé d'attendre un cadrage légal clair et précis afin de pouvoir implanter ses projets, et donc la formation d'un gouvernement avec lequel dialoguer. En tout cas, Albert Khoury et E-Aley sont bien décidés à ne pas lâcher prise  : « Nous frapperons à toutes les portes jusqu'à ce que quelqu'un nous réponde. »
L'Électricité de Aley (E-Aley), dont la fondation remonte à 1924, est une société privée en charge de la gestion de la distribution de l'électricité ainsi que de la collecte des paiements à Aley et dans plusieurs autres régions (dont Kmatieh, Souk el-Gharb et Aïn el-Remmaneh) depuis 2005. Au cours d'une rencontre hier avec la presse, le directeur général adjoint d'E-Aley, M. Albert Khoury, a fait le bilan de la situation du secteur de l'énergie régionalement et nationalement, et exposé la difficulté à mettre en place les futurs projets de la société.Un secteur public défaillantD'après M. Khoury, « les besoins de production d'électricité au Liban sont...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut