Il est prévu que la première route, longue de 432 kilomètres, coupe le pays dans toute sa longueur nord-sud, à partir de Bab el-Hawa, frontalière avec la Turquie, jusqu'à la ville de Nassib située à la frontière jordanienne. La seconde autoroute, quant à elle, devrait mesurer 351 kilomètres de longueur et permettre la jonction ouest-est entre Tartous et al-Tanaf, à la frontière irakienne. Le coût combiné de ces deux projets est estimé à environ 1,6 milliard de dollars, dont 1 milliard prévu pour l'axe nord-sud et 600 millions pour l'axe ouest-est.
Le gouvernement syrien envisage plusieurs options concernant la construction et la gestion de ces autoroutes : la concession ou le système Build-Operate-Transfer (BOT) soit l'exploitation intégrale de l'axe par un sous-traitant sur une période fixée au préalable, en échange de la restitution de ladite route au bout d'une période donnée. Une autre option évoquée serait l'établissement d'un partenariat entre l'État et des investisseurs privés. Selon M. Ammar Kamaleddine, directeur du département des partenariats entre le public et le privé au ministère des Transports, « quelque 14 propositions ont été reçues jusqu'à maintenant, de la part de compagnies régionales et internationales, y compris l'entreprise française Bouygues ». M. Kamaleddine, rencontré à Damas au cours d'un atelier de formation portant sur le secteur des transports, a ensuite ajouté que ces deux autoroutes étaient « d'une importance vitale pour l'économie syrienne ainsi que pour le gouvernement, dont le but est de pénétrer le marché européen à travers la Turquie. Ces axes serviront principalement à faciliter le trafic régional, international ainsi que le transit ».
L'étude initiale des deux projets avait été conduite par la firme britannique de consultation Parsons ; le ministère des Transports lui a néanmoins demandé d'affiner cette étude. Se pose également le problème du coût des achats obligatoires des terrains répartis tout au long des deux axes : d'après l'avocat Me Moussa Mitri, également présent à l'atelier de formation, le coût combiné de ces achats pourrait représenter plus de 9,2 milliards de livres syriennes, soit 196 millions de dollars.
En coopération avec : The Syria report

