Alors que les discussions devaient reprendre en séance plénière hier à 08h00 GMT, elles n'avaient eu lieu qu'au niveau des experts, jusqu'à la rencontre à trois Iran-USA-Baradei, puis la reprise en séance plénière avec toutes les parties. Dans la matinée, le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, dans une volte-face qui a créé une surprise à Vienne, s'était opposé depuis Téhéran à la présence de la France à ces négociations en raison d'un litige nucléaire remontant au passé. À Paris, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, avait riposté en soulignant que la France « participait » bien à la réunion de Vienne et que les « discussions se poursuivaient ». En soirée, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a assuré que les négociations entreprises avec l'Iran « se poursuivent ».
Lundi, les représentants des quatre pays et de l'agence onusienne s'étaient séparés au terme de moins de trois heures de négociations qualifiées de « constructives » par M. el-Baradei, appréciation alors confirmée par le représentant iranien. À Vienne, plusieurs diplomates, sous le couvert de l'anonymat, ont souligné que la suspension de la réunion plénière « n'était pas liée » à cette problématique, mais à « des difficultés techniques dans un dossier très complexe ». Pour un diplomate, l'attitude de Téhéran démontre son « absence de réelle volonté d'aboutir à un accord ». Selon lui, le veto iranien contre la France « n'est pas dû aux problèmes techniques invoqués » (des matériaux nucléaires défectueux qui auraient été livrés par la France dans un lointain passé), « mais aux vives critiques du président français Nicolas Sarkozy à l'encontre du régime islamique iranien ».
La réunion de Vienne a pour objectif de fixer les modalités pour la livraison à l'Iran d'ici à un an d'uranium enrichi à 20 % que Téhéran veut utiliser comme combustible dans son réacteur de recherche, notamment pour produire des isotopes entrant dans les traitements de certains cancers. En échange, l'Iran doit remettre une partie des 1 500 kg d'uranium qu'il a faiblement enrichis malgré les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette réunion de Vienne avait été décidée à l'issue de la première reprise de contact après 15 mois, le 1er octobre à Genève, entre l'Iran et les pays du groupe des Six (États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne). Ils étaient parvenus à un accord de principe sur la livraison par Téhéran d'une partie de son uranium faiblement enrichi à un pays tiers pour obtenir en contrepartie de l'uranium enrichi à 19,75 % pour son réacteur de recherche, sous contrôle de l'AIEA et à des fins médicales.


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