Cité par le Lebanon Weekly Monitor, bulletin économique hebdomadaire de la bank Audi, l'EIU a salué la « croissance solide » des actifs des banques libanaises au cours du premier semestre de l'année, une période pendant laquelle plusieurs établissements internationaux ont vu leur situation bilancielle sévèrement affectée par la crise financière internationale. Les chiffres publiés par la Banque du Liban montrent en effet que le total des actifs des banques locales a atteint 156 200 milliards de livres à la fin juin, soit le triple du produit intérieur brut, en hausse de 17,2 % par rapport à la même période de l'année dernière. Le rapport a ajouté que l'activité bancaire est l'une des industries les plus importantes de l'économie libanaise, qui est basée sur les services, aux côtés du tourisme.
La croissance
des dépôts
Le centre de recherche a en outre noté que le secteur bancaire libanais a profité d'une « croissance solide » de ses actifs, de ses dépôts et de ses crédits pendant plusieurs années. La hausse des dépôts s'est même accélérée depuis le début de la crise financière internationale en 2008, les résidents et les non-résidents ayant trouvé dans les banques libanaises « un refuge pour leurs avoirs ». Les banques locales ont donc continué à augmenter leurs réserves et leurs provisions, tout en plaçant une grande partie de leurs nouveaux dépôts dans des actifs peu risqués et fort liquides, a-t-il ajouté.
À la fin juin, a poursuivi l'EIU, les dépôts du secteur privé se sont élevés à 108 500 milliards de livres, en progression de 16,9 % par rapport à la première moitié de 2008. La plupart de ces fonds ont été placés sur des comptes libellés en monnaie nationale dont le solde total s'est élevé à 40 300 milliards de livres, bondissant ainsi de 51,3 % alors que les dépôts en devises ont relativement stagné, ne progressant que de 3 % à 68 200 milliards de livres.
Le rapport a expliqué la croissance robuste des dépôts en livre libanaise par les taux d'intérêt relativement élevés qui rémunèrent ce type de dépôts à un moment où les taux d'intérêt sur le dollar étaient très faibles. En effet, le taux d'intérêt des dépôts en livre était de quelque 7 % en juillet dernier, contre un taux de 3,2 % pour les dépôts en dollar. L'EIU a donc estimé que l'importance des conversions en livre suggère que le différentiel de taux d'intérêt l'ait emporté sur le risque souverain du Liban, ce qui a laissé le secteur bancaire du pays dans une position ferme face à tout choc potentiel interne ou externe.
L'EIU a par ailleurs rappelé que la plupart des grandes banques du pays ont annoncé des profits en hausse au cours du premier semestre de l'année en cours, à un moment où la profitabilité de plusieurs banques régionales est en érosion. Son rapport a toutefois noté une décélération de la croissance des profits bancaires par rapport à 2008, tout en soulignant que la progression enregistrée demeure solide selon les normes internationales.
Les crédits
Du côté du passif, l'EIU a noté que la plupart des nouveaux fonds reçus par les banques locales ont servi à alimenter les réserves plutôt que la distribution de nouveaux crédits. Ainsi, les réserves des banques commerciales auprès de la BDL ont totalisé 48 800 milliards de livres à la fin juin, en progression de 47 % par rapport à la même période de l'année dernière. Bien que les crédits aient continué à progresser, leur croissance a été inférieure à celle qu'ils ont enregistrée en 2008, a souligné le rapport. Les crédits à l'État libanais sous forme de bons du Trésor et d'eurobonds ont atteint les 38 100 milliards de livres à la fin juin, en hausse de 9,7 %, alors que les prêts au privé ont progressé de 19,1 % à 36 200 milliards de livres. Le ratio des crédits aux dépôts a pour sa part baissé à 68,5 % à la fin juin, contre 70,2 % à la fin du premier semestre de l'année dernière.
L'EIU a donc noté que la plupart des prêts domestiques ont été attribués à l'État qui offre des taux d'intérêt beaucoup trop élevés pour les entreprises. Le centre a enfin appelé à réduire les taux d'intérêt sur les crédits afin de stimuler la demande de prêts bancaires.

