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Liban - La Situation

Tout le monde, ou presque, sourit ; personne n’est dupe

Il est inimaginable que les trois parties en présence, le 14 et le 8 Mars, ainsi que les (néo)centristes, soient d'accord. Cela est pourtant aujourd'hui totalement vrai.
Elles sont même d'accord sur de nombreux points : sur la nécessité de perdre du temps (les USA et l'Iran ne veulent toujours pas d'un gouvernement au Liban) en donnant de faux espoirs à leur public, sur l'importance d'afficher devant les caméras et les micros un optimisme de bon aloi (personne ne pensera alors leur imputer la responsabilité de l'inévitable échec dans la formation du cabinet) et sur une évidence : la naissance de ce cabinet est repoussée aux calendes grecques. D'autant plus que des échéances importantes sont à venir, entre la réunion des 5+1 le 19 octobre sur le nucléaire iranien, la tentative de réconciliation interpalestinienne les 25 et 26 octobre et, le 27 du même mois, la signature du fameux traité entre l'Union européenne et la Syrie. Sans compter, bien sûr, l'acte d'accusation que devra publier cet automne le Tribunal spécial pour le Liban.
Depuis que Damas a bien fait comprendre aux Américains qu'il leur a délivré Imad Moghniyé et depuis qu'il montre qu'il se rapproche de la Turquie autant sinon plus que de l'Iran, il fait tout pour obtenir de la Maison-Blanche ce rôle qu'il n'en peut plus de ne pas jouer sur le plan régional. Surtout en affichant patte superblanche au Liban. Nous sommes certes toujours dans le marché des dupes, mais les apparences restent sauves : de Nabih Berry à Abdel-Rahim Mrad en passant par Wi'am Wahhab, tous les poulains, tous les speakers de Damas au Liban sont superbement muets depuis des lustres. Ou alors, comme Sleiman Frangié, tout sucre et tout miel, ou bien comme Walid Moallem hier avec Miguel Angel Moratinos, tout imbibé de « l'espoir » de voir naître au Liban un gouvernement d'union nationale.
Contrairement à ceux qui jouent, bon gré mal gré, le jeu de Téhéran - le Hezbollah et le CPL en tête. Justement, les seuls à lever le ton, tranchant avec cette souplesse inédite qu'ils affichaient depuis quelques jours et que Samir Geagea a jugé bon de relever hier, ont été Michel Aoun (lire par ailleurs) et Gebran Bassil, lequel a bien fait comprendre, hier aussi, que le ministère des Télécoms était pratiquement non négociable.
Pourquoi ces décibels en trop ? Parce que, expliquent des sources bien informées, Saad Hariri, cornaqué par le chef de l'État et sa prise de position retentissante sur la ministrabilisation des candidats malheureux aux législatives de juin, aurait décidé de pousser le chef du CPL dans ses derniers retranchements en disant oui à sa revendication absolue : le fameux ministère au fameux gendre. Ce qui a obligé le député du Kesrouan à trouver autre chose, un nouveau desiderata : la rotation des portefeuilles, et notamment souverainistes.
Sauf que les uns savent que les autres savent qu'ils savent, et les autres savent que les premiers savent aussi qu'ils savent...
Bref, tout le monde est d'accord et tout le monde se moque impérialement du citoyen lambda. Les évêques maronites, dans leur communiqué d'hier, n'ont rien inventé : ils ont juste dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
Il est inimaginable que les trois parties en présence, le 14 et le 8 Mars, ainsi que les (néo)centristes, soient d'accord. Cela est pourtant aujourd'hui totalement vrai. Elles sont même d'accord sur de nombreux points : sur la nécessité de perdre du temps (les USA et l'Iran ne veulent toujours pas d'un gouvernement au Liban) en donnant de faux espoirs à leur public, sur l'importance d'afficher devant les caméras et les micros un optimisme de bon aloi (personne ne pensera alors leur imputer la responsabilité de l'inévitable échec dans la formation du cabinet) et sur une évidence : la naissance de ce cabinet est repoussée aux calendes grecques. D'autant plus que des échéances importantes sont à venir, entre la réunion...
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