« Notre cas remonte à plus de dix ans, a-t-il ainsi expliqué. En effet, le 3 mars 1998, Solidere a soumis une proposition au syndicat concernant l'achat d'environ 10 000 mètres carrés de terrains situés dans le centre commercial des souks. Cet achat était fondé sur l'intention de recréer un souk des joailliers pour remplacer l'ancien. L'accord stipulait que nous devions acheter une partie des locaux construits, destinés à devenir des boutiques ou des bureaux, pour un prix de 6 000 à 8 000 dollars le mètre carré pour un point de vente, et la moitié de ce prix pour un bureau. L'achat de la totalité des terrains, en chèques au nom de Solidere, s'est effectué au cours de la même semaine et a été annoncé aux médias. Solidere nous a également offert un rabais de dix pour cent sur le prix d'achat des locaux, comme l'a stipulé la missive que nous a adressée M. Naaman Atallah, alors directeur des ventes de Solidere, sous la supervision de Nasser Chammah, président du conseil d'administration de la société. »
Selon Naïm Rizk, la commission déléguée par le syndicat des joailliers aurait contacté maintes fois la compagnie entre 2000 et 2003 afin de savoir ce qu'il advenait du projet en cours. « Brusquement, Solidere a contacté le syndicat, en lui demandant de signer un contrat remanié, affichant les mêmes prix mais avec des conditions supplémentaires ne figurant pas dans le contrat initial. Après avoir étudié ce nouveau contrat, le président du syndicat a renvoyé une réponse affirmative par écrit à Solidere », a-t-il ajouté.
« En 2006, la compagnie a délégué un émissaire au syndicat des joailliers afin de définir les étapes de la réalisation du projet des Souks de Beyrouth, a-t-il poursuivi. Cet émissaire est revenu plus tard pour demander aux acquéreurs de locaux dans le souk des joailliers de signer collectivement le contrat remanié. En une courte période de temps, Solidere a entrepris de contacter les propriétaires un par un afin d'obtenir leur signature. »
Et Naïm Rizk de conclure : « Autant vous dire que nous avons été récemment abasourdis lorsque Solidere a refusé trois mois plus tôt de signer tout contrat car, d'après eux, les prix avaient changé. Ils nous ont proposé de restituer les sommes que nous leur avions remises 11 ans plus tôt, proposition que nous avons rejetée. Nous sommes allés consulter divers avocats afin de porter plainte contre Solidere devant le tribunal de première instance de Beyrouth, et pour obliger la compagnie à respecter et concrétiser ses engagements lors de la signature du contrat de vente. »

