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Économie - Analyse

La RSE au Liban : pour un client roi et responsable

Ces temps-ci, l'actualité est loin d'être rose. Elle est faite bien sûr de guerre et de crise politique, mais aussi de catastrophe naturelle, de déséquilibre économique, de paupérisation et de pauvreté. Ces problèmes ne datent pas d'hier et leur ampleur a mené il y a quelques années à l'émergence d'une sorte de conscience collective qui s'est affirmée avec le temps. De nos jours, personne ne peut plus considérer vivre dans une bulle indépendante ; les entreprises comme les autres.
Au niveau de la firme, cette nouvelle approche se traduit en responsabilité sociale des entreprises (RSE). Cette théorie tempère la conception qui veut que l'unique fonction des entreprises soit de maximiser les profits des actionnaires. Elle affirme en substance : « Oui au profit, mais pas à n'importe quel prix ! » De fait, les firmes doivent estimer les impacts économiques, sociaux et environnementaux de toute action avant de la mener à bien et l'abandonner si cette évaluation est négative.
Aujourd'hui, RSE est un mot à la mode ; au Liban comme ailleurs. De temps à autre, des entreprises affichent sur des panneaux leur aspiration à la responsabilité sociale alors que d'autres agissent en général discrètement le plus souvent avec des associations à but non lucratif pour promouvoir les causes auxquelles elles croient.
Ces actions sont le plus souvent le fait de grandes entreprises libanaises ou de filiales de multinationale.
Les petites et moyennes entreprises libanaises (PME) ne semblent pas très concernées par ce type d'action. Leurs dirigeants ont en effet pour priorité absolue la gestion du démarrage de leur entreprise et relèguent au second plan toute autre considération. Ils le font d'autant plus facilement que vu la taille de leur firme, son influence sur l'environnement leur semble négligeable. C'est oublier que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Les PME constituent 95 % du tissu économique du pays, et l'effet cumulé de leur activité est très important. Il faudrait donc mener de vastes campagnes d'information dans toutes les régions auprès de toutes les entreprises pour commencer à régler le problème. La tâche est titanesque.
Pour contribuer à régler cette question, une autre approche est possible. Toutes les théories marketing affirment que le client est roi, et c'est vrai. Le temps où les entreprises pouvaient imposer leurs produits aux clients est révolu depuis longtemps. Aujourd'hui, ceux-ci imposent leur volonté aux firmes. Que dire alors de cette cliente qui exigerait d'un pâtissier qu'il place chaque viennoiserie qu'elle avait achetée dans un sac en papier séparé ? Ou de ce restaurateur qui n'oserait pas distribuer ses produits invendus à des nécessiteux de peur de ternir son image haut de gamme auprès de ses clients ? Ou de... Les exemples peuvent se multiplier sans fin.
Pour commencer à régler le problème, il faudrait peut-être que le client se rende compte que « pouvoir » rime avec « responsabilité ».

Cette chronique synthétise le travail de recherche effectué par les étudiants de la cinquième promotion du master en management de l'École supérieure des affaires : Jean-Marc Akiki, Patrick Anid, Nathalie Farah Bejjani, Pia Gharios, Christine Haddad, Nathalie Kanaan et Stéphanie Shikiriadès.

En coopération avec : l'ESA
Ces temps-ci, l'actualité est loin d'être rose. Elle est faite bien sûr de guerre et de crise politique, mais aussi de catastrophe naturelle, de déséquilibre économique, de paupérisation et de pauvreté. Ces problèmes ne datent pas d'hier et leur ampleur a mené il y a quelques années à l'émergence d'une sorte de conscience collective qui s'est affirmée avec le temps. De nos jours, personne ne peut plus considérer vivre dans une bulle indépendante ; les entreprises comme les autres.Au niveau de la firme, cette nouvelle approche se traduit en responsabilité sociale des entreprises (RSE). Cette théorie tempère la conception qui veut que l'unique fonction des entreprises soit de maximiser les profits des...
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