Plus tôt en journée, M. Ahmadinejad, adoptant toujours un ton de défi, avait affirmé que son pays sortirait indemne de la réunion de Genève, quelle qu'en soit l'issue, et dénoncé les exigences occidentales d'un accès à un nouveau site d'enrichissement. Ces déclarations sont survenues alors que le négociateur en chef du dossier nucléaire iranien, Saïd Jalili, s'est rendu à Genève en affichant son intention d'aborder de manière « positive » les négociations cruciales d'aujourd'hui. Les révélations le 25 septembre sur un deuxième site d'enrichissement d'uranium en Iran ont jeté une ombre sur la réunion de Genève qui sera dirigée par M. Jalili et le diplomate en chef européen, Javier Solana, en présence de représentants du groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Russie, Royaume-Uni, Allemagne). Selon M. Ahmadinejad, les discussions de Genève, les premières du genre depuis 14 mois, sont aussi « une occasion exceptionnelle pour les États-Unis et certains pays européens de rectifier leur façon de traiter avec les autres nations ».
C'est le groupe 5+1 qui a appelé l'Iran à ouvrir à l'AIEA son nouveau site. L'Iran, qui insiste sur le caractère civil de son programme nucléaire et estime comme son droit « souverain » d'acquérir la technologie nucléaire civile, a ensuite annoncé que le site serait placé sous supervision de l'AIEA et qu'il « informerait prochainement » cette agence du calendrier de son inspection. Les Occidentaux, qui en revanche voient leurs soupçons sur les ambitions militaires nucléaires de l'Iran renforcés après les révélations sur l'existence du nouveau site d'enrichissement, ont brandi la menace de nouvelles sanctions et répété que l'option militaire demeurait sur la table. Un conseiller de M. Ahmadinejad, Ali Akbar Javanfekr, a mis en garde contre tout recours à « la force et à l'intimidation » lors des discussions à Genève. En outre, la Turquie s'est dit opposée hier à des sanctions économiques contre l'Iran, précisant que des mesures similaires imposées contre le régime de Saddam Hussein en Irak avaient surtout affecté le peuple irakien et les pays voisins.
Pour le directeur général sortant de l'AIEA, Mohammad el-Baradei, l'Iran est « du mauvais côté de la loi » pour ne pas avoir déclaré ce nouveau site « le jour où il a décidé de commencer la construction ». Selon M. Baradei, le fait que l'Iran n'ait pas révélé plus tôt l'existence de ce site est un « échec au principe de transparence ». Les inspecteurs de l'ONU devront visiter le nouveau centre d'enrichissement le plus tôt possible pour vérifier que ce programme n'a pas de dimension militaire, a-t-il ajouté. De son côté, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a lancé une mise en garde à Téhéran. « L'Iran a un choix à faire : remplir ses obligations internationales et cela veut dire non seulement permettre des inspections (de ses installations nucléaires), mais aussi mettre fin à ses activités en l'absence du genre d'inspection et de surveillance qui garantirait que ce qu'il fait a seulement un but pacifique (...). L'alternative, c'est un isolement et des pressions internationales accrus », a-t-elle dit.


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