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Économie - France

Le budget 2010 laisse filer le déficit et exploser la dette

Ni hausse d'impôt ni coupe sombre dans les dépenses : privé de toute marge de manœuvre par la crise, le gouvernement a choisi de présenter un budget 2010 en déficit record qui gonflera encore un peu plus une dette déjà préoccupante.
Sous l'effet du reflux de l'activité, du plan de relance et de la chute vertigineuse des recettes fiscales, le déficit public (État, sécurité sociale et collectivités locales) va plus que doubler cette année pour atteindre 8,2 % du PIB. Un niveau jamais enregistré, même lors de la précédente récession de 1993 (-6,4 %).
En 2010, malgré l'arrêt progressif des mesures de soutien à l'économie et un retour de la croissance (+0,75 %), le gouvernement « ne pourra faire mieux que de stabiliser les déficits globaux », a admis le Premier ministre François Fillon.
Car si le seul déficit de l'État doit être ramené de 140 milliards en 2009 à 115 en 2010, la crise et la flambée du chômage creuseront encore les comptes sociaux.
Entre hausse des impôts et réduction drastique de la dépense publique - deux domaines dans lesquels la France est en tête des pays industrialisés -, le gouvernement a tranché : il laissera filer les déficits, remettant à plus tard un choix difficile et forcément impopulaire.
Malgré les recommandations de Bruxelles qui a engagé contre la France une procédure pour « déficit excessif », Paris a reporté son engagement d'un retour en dessous de la limite des 3 % de déficit, fixée par le pacte de stabilité européen, précédemment promis pour 2012.
« En 2010, nous ferons voter une loi pluriannuelle qui planifiera une baisse de la dépense publique sur plusieurs années », promet François Fillon.
En attendant, aucun plan d'économies de grande ampleur n'est au programme l'an prochain.
Les dépenses de l'État (hors relance) devraient continuer d'augmenter au rythme de l'inflation (+1,2 %), malgré la règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite qui se traduira par la suppression de plus de 33 700 postes.
Pour éviter de tuer la reprise dans l'œuf, il faut accompagner « la sortie de crise » en ne stoppant pas net les dispositifs de relance, estime Bercy, pour qui le remède au déficit n'est « pas l'augmentation des impôts » mais l'augmentation de la croissance.
Principal argument : la France résiste mieux à la crise que nombre de ses voisins dont les finances sont désormais aussi en piteux état.
La Grande-Bretagne devrait ainsi accuser un déficit public de plus de 12 % du PIB fin 2009, mais va se résoudre à de douloureuses coupes budgétaires l'an prochain.
Les Pays-Bas, avec un déficit prévu à « seulement » 6,3 % du PIB en 2010, programment une réduction des dépenses de 20 % dès 2011.
En Espagne, où le déficit devrait atteindre 9,5 % cette année, le gouvernement prévoit une baisse des dépenses de 4,5 % et une hausse des impôts.
Tant que le déficit continuera à l'alimenter, la dette publique de la France gonflera en conséquence. Et contrairement à nombre de ses voisins d'Europe du Nord, le dernier budget excédentaire de l'État remonte à 1980. La dette représentait alors 20 % du PIB.
En 2008, cette proportion a atteint 68 %, soit plus de 47 000 euros par Français ayant un emploi, et ses seuls intérêts se sont montés à 54 milliards d'euros, plus que les recettes de l'impôt sur le revenu.
L'an prochain, elle devrait atteindre 83 %, sans tenir compte du « grand emprunt national » voulu par Nicolas Sarkozy.
Ni hausse d'impôt ni coupe sombre dans les dépenses : privé de toute marge de manœuvre par la crise, le gouvernement a choisi de présenter un budget 2010 en déficit record qui gonflera encore un peu plus une dette déjà préoccupante.Sous l'effet du reflux de l'activité, du plan de relance et de la chute vertigineuse des recettes fiscales, le déficit public (État, sécurité sociale et collectivités locales) va plus que doubler cette année pour atteindre 8,2 % du PIB. Un niveau jamais enregistré, même lors de la précédente récession de 1993 (-6,4 %).En 2010, malgré l'arrêt progressif des mesures de soutien à l'économie et un retour de la croissance...
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