récuser, le Premier ministre désigné, Saad Hariri, avait été « bien plus qu'équitable »
à l'égard de l'opposition dans la mouture gouvernementale qu'il avait présentée au chef de l'État.
M. Siniora, qui s'exprimait lors d'un iftar à Saïda, a rappelé que les élections législatives avaient « démontré pour la seconde fois qu'il y avait dans le pays une majorité et une minorité ». « On prétendait que la majorité était fictive. Il s'est avéré qu'elle ne l'est pas », a-t-il ajouté.
« Je dis cela parce que le Premier ministre désigné s'est récusé après plus de 70 jours de rudes épreuves au cours desquelles il a fait preuve de beaucoup de patience et de sagesse. Il a également démontré au cours de cette période son attachement à la Constitution et à l'accord de Taëf, et s'est abstenu de recourir à des méthodes et à des précédents susceptibles de corrompre le processus constitutionnel », a-t-il fait valoir.
« Cela ne signifie pas que Taëf est intouchable. Au contraire, il est possible de l'amender, mais seulement dans des circonstances différentes de celles que nous traversons et des années après que les esprits se furent calmés et que l'activité ordinaire eut repris », a-t-il dit.
« Nous avons aujourd'hui besoin de chercher des motifs nouveaux pour renforcer la concorde et susciter le rapprochement entre les Libanais », a-t-il lancé.
S'agissant des prérogatives du Premier ministre désigné, M. Siniora a dit : « À partir des concertations qu'il mène, il est censé former un gouvernement prenant en compte l'ensemble des idées différentes qui lui ont été exposées. Cela ne signifie pas qu'il est contraint d'accepter les points de vue individuels de ses interlocuteurs. Il doit trouver un terrain d'entente entre toutes les doléances pour mettre en place une équipe cohérente et capable de produire. »
« Il est clair à présent que le Premier ministre désigné a déployé tous les efforts possibles et qu'il s'est heurté à une grande série d'obstacles et de difficultés qu'on a placés sur son chemin. Mais toute personne équitable prenant connaissance de la mouture qu'il avait élaborée jugerait que lui-même a été bien plus qu'équitable, tant du point du vue du nombre que de la qualité des portefeuilles qu'il a attribués à l'opposition », a souligné M. Siniora, relevant, par exemple, que M. Hariri avait retiré le portefeuille de l'Éducation à Bahia Hariri pour le donner à l'opposition et que Mme Hariri n'a pas été nommée au sein du gouvernement.
Le Premier ministre sortant a relevé en outre que la « générosité » de M. Hariri à l'égard de la minorité était telle que « nombreux sont ceux qui, au sein du 14 Mars, le lui ont reproché ».


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