« La chance nous a abandonnés », déplorait hier le quotidien libéral Taraf, tandis que le journal à grand tirage Hürriyet titrait : « Désormais, nous devons attendre un miracle », et le quotidien populaire Aksam : « Le croc-en-jambe de la Bosnie au rêve africain. » La Turquie, qui n'a connu que deux défaites face à l'irrésistible Espagne, a concédé trop de points face aux outsiders. « Nous payons le prix des points perdus contre la Belgique et l'Estonie », résumait dans Milliyet l'ancien joueur Ridvan Dilmen.
L'inconstance de la sélection rouge et blanc, demi-finaliste du dernier Euro, était stigmatisée : « Il faudra analyser et comprendre ce qu'il manque pour que nous soyons plus réguliers et que nous ne participions pas aux grands tournois seulement par hasard », estimait Gürcan Bilgiç dans Sabah.
La presse était cependant peu diserte sur le sélectionneur, Fatih Terim. Interrogé mercredi soir sur une éventuelle démission, le technicien a répondu : « C'est moi qui déciderai de ce que je dois faire. »
Pour que les Turcs terminent à la 2e place du groupe, ouvrant la voie aux barrages, il faut qu'ils gagnent leurs deux dernières rencontres (en Belgique et contre l'Arménie), à leur portée, mais que dans le même temps, les Bosniaques, qui possèdent actuellement quatre points de plus, ne remportent aucun de leurs deux derniers matches, face à l'Espagne et l'Estonie.
« Nous allons gagner le Mondial » : l'Angleterre s'enflamme
La presse britannique ne tarissait pas d'éloge hier sur l'équipe d'Angleterre, qualifiée pour le Mondial 2010 après une victoire sans appel sur la Croatie (5-1), exprimant haut et fort son ambition d'emporter la compétition cet été en Afrique du Sud.
« Nous allons gagner le Mondial », affirme dans sa chronique au tabloïd The Sun l'entraîneur de Tottenham, Harry Redknapp. Alors qu'il fustigeait il y a un an la « pire performance » d'une équipe d'Angleterre qui lui ait été donnée de voir, Redknapp évoque désormais « la meilleure sélection depuis 1970 ».
Pour le Daily Mail, cette équipe est de « classe mondiale » et elle rend légitime, selon le Guardian, le « retour en force de l'ambition anglaise ».
Car « on n'arrête pas les Invincibles de Fabio », à en croire le Times dont un chroniqueur raconte le sourire qui ne le lâchera pas « sur le chemin de la banque » quand il ira déposer l'argent gagné après son pari sur un deuxième sacre anglais après celui de 1966. Chez les bookmakers, la cote pour un tel triomphe est d'ailleurs tombée à 6 contre un, ce qui fait de la formation de Fabio Capello l'un des trois favoris avec le Brésil et l'Espagne.
Revenant sur la victoire contre les Croates, le Times explique que l'Angleterre est tellement bonne qu'elle « fait paraître horribles les équipes correctes », tout comme le Brésil l'avait fait en 2002, quand il avait été sacré champion du monde.
Après avoir interrogé un supporteur qui explique avoir « déjà réservé son hôtel pour la finale », un autre tabloïd, le Daily Mirror, verse dans le lyrique et rend hommage à « la démonstration puissante d'un football poétique et splendide ».
Cela « pourrait conduire à quelque chose à la signification plus durable l'été prochain », juge, plus sobre, l'Independent.


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