Les Occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous le couvert d'un programme nucléaire civil, ce que dément Téhéran. Malgré six années d'enquête approfondie, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) n'est pas en mesure de dire si ce programme est totalement pacifique, alors que les États-Unis soupçonnent l'Iran d'être en fait proche de se doter des moyens de fabriquer la bombe atomique.
En attendant, les grandes puissances ont fait savoir qu'elles étudiaient les propositions iraniennes. La Maison-Blanche a exprimé son scepticisme hier, notant que Téhéran avait constamment manqué à ses obligations sur le nucléaire et le mettant en garde contre un isolement accru. Moscou a souligné que le document était « très argumenté », estimant qu'une « expertise » était « nécessaire » tandis que la Chine souhaitait « multiplier les efforts diplomatiques » en vue de « trouver un règlement général, sur le long terme et approprié de cette question ». Londres, dont les relations avec Téhéran se sont encore détériorées depuis la réélection contestée du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin, a réitéré à Téhéran l'offre de dialogue du Groupe des 5+1, espérant que l'Iran y « répondra dès que possible ».
Si le contenu précis des propositions iraniennes n'a pas été rendu public, un diplomate français a déclaré sous couvert d'anonymat que « rien ne figure dans le nouveau document sur une suspension de l'enrichissement d'uranium » réclamée par les Nations unies. « L'intérêt des Iraniens est de gagner du temps afin de pouvoir produire plusieurs bombes nucléaires », a-t-il jugé. De fait, Ali Asghar Soltanieh, le représentant de l'Iran à l'AIEA, a opposé une nouvelle fin de non-recevoir aux Occidentaux concernant leurs exigences de suspension du programme d'enrichissement.
La politique de l'Iran consiste « à ne pas suspendre (l'enrichissement d'uranium) et à continuer de soutenir (son) droit indéniable d'utiliser la technologie nucléaire à des fins pacifiques », a-t-il dit mercredi à Vienne, selon le journal conservateur Jomhuri Eslami.
Les responsables iraniens assurent régulièrement que Téhéran accepte de reprendre les négociations avec les grandes puissances pour parler des grands problèmes dans le monde, mais non pour discuter d'une suspension de son programme nucléaire. « La République islamique d'Iran est prête, sur la base du respect de la souveraineté et des droits des nations, et loin des pressions et des menaces, à discuter avec les autres parties des questions politiques, de sécurité, économiques, culturelles et internationales », a déclaré M. Mottaki lors de la cérémonie de remise du document aux grandes puissances.
Celles-ci ont donné à l'Iran jusqu'à fin septembre pour entamer des négociations sur son programme nucléaire ou essuyer de nouvelles sanctions.
Téhéran fait l'objet de cinq résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU demandant un gel de son programme d'enrichissement, dont trois assorties de sanctions.

