Une victoire envoie les Anglais en Afrique du Sud, mais la blessure saigne encore. « Ce match est complètement différent de celui d'il y a deux ans, prévient Gareth Barry. La pression est désormais sur eux (l'Ukraine convoite la deuxième place de la Croatie). Mais dans le vestiaire, de nombreux joueurs n'auront pas oublié cette soirée. » « Il va y avoir quelques souvenirs, poursuit Barry. Comme pour beaucoup d'autres joueurs, cela a été le point bas de ma carrière: être sur le point de se qualifier pour un Euro et voir tout ça s'évanouir soudainement... L'Angleterre se doit d'être dans ces tournois. » Mais l'Angleterre semble s'être remise. Elle a renvoyé Steve McClaren, « l'imbécile avec un parapluie » (selon les tabloïds qui ne lui ont jamais pardonné cette élimination), et l'a remplacé par Fabio Capello, le rigoriste italien, couvert de trophées. Depuis, elle a gagné ses sept matches de qualification, dont celui à Zagreb (4-1) il y a un an, rendant leur gifle aux Croates. L'Angleterre a aussi gagné des certitudes, malgré le « paradoxe Capello ». Alors que l'Italien est réputé pour instiller l'intransigeance défensive à ses équipes, c'est surtout dans le domaine offensif que son apport s'est fait sentir.
La Croatie amoindrie
Les Anglais marquent but sur but (24 en sept matches), mais apparaissent fragiles derrière, ce qui ne sera pas arrangé par l'absence de Rio Ferdinand, blessé. « C'est un problème », a reconnu cette semaine Capello. Il a mis en garde ses joueurs contre leurs « sautes de concentration ».
« Je vais leur expliquer ce que je veux. Et s'ils veulent rester avec moi... » a-t-il menacé. « C'est une équipe vraiment différente, reconnaît le sélectionneur croate, Slaven Bilic, à propos de son adversaire. Ils ont des qualités, mais il y a aussi quelque chose qui manque dans leur jeu, quelque chose d'anglais, quelque chose qui fait que c'est toujours difficile de jouer contre l'Angleterre. Mais bien sûr, je ne vous dirai pas de quoi il s'agit, c'est notre secret. » « L'Angleterre est une des meilleures équipes du monde, mais nous avons la force, la volonté et même les statistiques de notre côté », ajoute-t-il dans un dernier clin d'œil au match d'il y a deux ans.
Les Croates sont pourtant privés de deux joueurs majeurs, tous deux d'un club anglais (Tottenham), d'ailleurs. Luka Modric (bourreau des Anglais en 2007) est blessé, Vedran Corluka suspendu.
« Nous sommes plus faibles, je ne vais pas faire le démagogue, et dire que c'est pareil sans ces deux joueurs, mais j'ai confiance, conclut Bilic. Nous sommes 9e au monde (classement FIFA, NDLR) et on n'atteint pas ce niveau avec seulement 11, 12 ou 13 joueurs. »


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