Sans s'en rendre compte, l'ancien jeune phénomène du Paris-Saint-Germain, parti en Angleterre sans rien demander à personne au sortir de l'adolescence, est devenu à 30 ans l'un des piliers de la sélection française.
À l'exception de Thierry Henry, personne dans la sélection actuelle n'est arrivé avant lui en équipe de France, dans laquelle il a effectué ses premiers pas d'attaquants en avril 1998.
« Je n'avais pas réfléchi à ça », a-t-il réagi avec étonnement hier lorsqu'a été évoqué ce statut d'« ancien ».
« Cela signifie que, malgré tout, j'ai été constant dans ma carrière. Même si j'ai loupé quelques années en équipe de France, j'ai su rebondir et revenir, et ça fait toujours plaisir », a-t-il ajouté.
« Malgré tout », car, en Bleu comme en club, le parcours de Nicolas Anelka a connu de nombreux soubresauts, qu'il feint de ne pas vraiment s'expliquer.
Pendant plus de trois ans, d'avril 2002 à novembre 2005, il n'est plus convoqué en équipe de France. Il attribue cette éclipse au « regard des coaches ».
« J'étais performant (avec Manchester City), mais je n'étais pas appelé », s'est-il souvenu au sujet de cette époque durant laquelle il traînait une réputation de personnage ingérable, au franc-parler mal placé.
« Pas peur de la Roumanie »
« Chaque personne est différente et j'ai dit ce que j'avais à dire. J'en suis fier et je suis fier de ma carrière. Je ne regrette rien. Je sais qui je suis, et malgré tout ce que vous pouvez dire, je n'ai jamais rien fait de mal », a-t-il insisté.
« Je n'ai pas changé. Je suis un peu plus vieux, j'ai plus d'expérience et je réfléchis un peu plus, mais avec l'âge, c'est normal d'être plus zen. »
En 58 sélections, Nicolas Anelka n'a pas disputé un seul match de Coupe du monde. Aimé Jacquet, Roger Lemerre puis Raymond Domenech l'ont à chaque fois laissé à quai au moment de composer leurs sélections en 1998, 2002 et 2006.
Le Mondial qui se profile en Afrique du Sud pourrait être sa dernière chance.
« Je ne pense pas du tout ça », a-t-il dit fermement. « C'est important de disputer une Coupe du monde, mais je ne pense pas à moi particulièrement. La pression est sur tout le monde (...) Le plus important, ce n'est pas un cas en particulier, c'est d'amener l'équipe de France à la Coupe du monde. »
La route vers l'Afrique du Sud passe par deux matches contre la Roumanie, samedi, puis en Serbie quatre jours plus tard. Pour s'emparer de la première place directement qualificative, la France doit remporter ces deux matches.
Nicolas Anelka aborde ce double rendez-vous « très serein ».
« C'est un match avec beaucoup de pression, avec beaucoup d'enjeu, a-t-il dit au sujet de la rencontre face aux Roumains. On aimerait être déjà qualifiés. (...) On sait (...) ce qu'on a à faire. C'est souvent le cas avec l'équipe de France, des matches importants comme ça. On a déjà surmonté l'obstacle avant, donc on va essayer de le refaire. »
« On n'a pas peur de la Roumanie », a-t-il insisté, tel un disciple observant les injonctions proférées par Domenech qui réclame à ses joueurs « sérénité, combativité, confiance ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine