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Cinema- - À L’Affiche

Amour, guerre et glamour

Deux figures emblématiques, deux icônes, mais chacune dans un  registre différent, sont à l'affiche cette semaine. Entre « Coco avant Chanel » et « Ernesto avant le Che », les cinéphiles ont le choix.

Coco avantChanel,
d'Anne Fontaine
Avec Audrey Tautou
et Benoît Poelevoorde.


Ce n'est pas la première fois qu'on s'attaque au biopic de Mademoiselle, ou la brillante destinée de Gabrielle Chasnel, petite orpheline chantant dans les bars avant de devenir celle qui révolutionna la couture du siècle, en épurant les lignes, ôtant les corsets des dames, allégeant les fioritures (plumes dans les cheveux, fleurs au cou). En adaptant le roman L'irrégulière d'Edmonde Charles-Roux, Anne Fontaine, elle, a choisi de narrer la période qui a précédé cette fulgurante ascension. Toute en épure, la mise en scène bien léchée, tout comme la petite robe noire de Coco, s'attarde sur ses débuts, soutenue par son premier amant et protecteur Étienne Balsan, parmi les cocottes et les fêtards. Cette rebelle à l'amour, qui sait qu'elle ne sera « la femme de personne », tombera par la suite amoureuses de Boy Capel, un gentleman anglais qui ne l'épousera pourtant pas.
Mais là où le biopic s'alourdit, c'est lorsque la romance prend le dessus sur l'histoire de Coco Chanel. Le spectateur oublie donc l'objectif du film et oublie même le personnage dont on parle. Dommage, car avec un casting comme celui-ci, une mention spéciale donnée à Benoît Polevoorde et un sujet pareil, on aurait pu avoir un film séduisant et captivant. Au lieu de cela, on assiste à un film d'amour qui aurait pu avoir comme protagoniste autre que la Mademoiselle de la rue Cambon.    

 

Grand cinémas abc/ grand concorde/
grand las salinas, ESPACE


Che,  
de Steven Soderbegh
Avec Benicio del Toro.


Partout dans le monde, son visage orne des millions de tee-shirts, de sacs ou de posters. Il est devenu la figure emblématique et mythique du XXe siècle.
Ernesto Guevara de la Serna, médecin, révolutionnaire et asthmatique, né en Argentine en 1928 et mort en 1967 en Bolivie, artisan aux côtés de Fidel Castro de la révolution cubaine, est devenu - au mépris de la réalité - le symbole d'une éternelle rébellion juvénile et romantique.
Après Walter Salles et son Motorcycle Diaries (2004), c'est au tour de  Steven Soderbergh « d'explorer le personnage au-delà du symbole, de gratter sous le vernis pour donner à voir et à comprendre son cheminement », en particulier ce qui l'incita à entraîner vers la mort les quelques irréductibles qui l'accompagnèrent en Bolivie dans ce qu'il appelle « un cul-de-sac idéologique ».
À travers un diptyque, qui a été finalement concentré en un seul film, Soderbergh narre la rencontre entre Ernesto Guevara et Fidel Castro, orchestrée à Mexico en 1955 par le frère aîné de ce dernier, Raul. Une rencontre décisive qui allait sceller le destin du jeune homme et en faire l'un des grands acteurs de la révolution cubaine. Il filme avec précision ces années de lutte pour le pouvoir sur l'île, de la première tentative de débarquement de novembre 1956 (82 hommes, qui furent décimés aux trois quarts) jusqu'à la fuite de Batista et l'entrée des rebelles castristes dans La Havane en janvier 1959. Des scènes en couleurs, entrecoupées par d'autres en noir et blanc décrivant la visite du Che aux Nations unies.
Mais c'est au ralenti que le spectateur avance dans cette brousse où évoluent les révolutionnaires. Un rythme lassant que seule la présence d'un Benicio, habité comme d'habitude par son rôle (prix d'interprétation masculine à Cannes), sauve ce film, qui s'enlise tout comme le sujet dans le maquis.

Grand cinémas abc/ grand concorde/grand las salinas


The Ugly Truth,
de Robert Luketic
Avec Gérard Butler
et Katherine Hiegel.


Abby est une productrice d'émissions de TV matinale, romantique à souhait. À la recherche de l'homme idéal, elle est ramenée à la dure réalité quand ses patrons la mettent en équipe avec Mike, un présentateur grossier et macho qui promet de lui révéler la vérité concernant ce qui fait courir les hommes vers les femmes. Comédie romantique sexy et vulgaire qui aborde l'éternel thème de la différence et du combat entre l'homme et la femme (les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus), The Ugly Truth est, contrairement à d'autres comédies de l'année, traversé de scènes désopilantes. Certes, tout comme The Proposal qu'on a eu l'occasion de voir dernièrement, les personnages commencent par s'engueuler pour tomber mieux dans les bras l'un de l'autre. Sujet éculé, diriez-vous, mais le charme opère encore, surtout que le duo Butler-Hiegel s'accorde harmonieusement. Robert Luketic surprend parfois avec son travail en dents de scie. Du fameux Legally Blonde à l'insignifiant Monster In Law, ce long-métrage a pourtant pour avantage d'avoir un dialogue en ping-pong, cru et bien relevé. On ne cessera de le répéter : le couple est charmant et charmeur.

CINEMACITY, EMPIRE DUNES/SODECO/GALAXY, ESPACE

 

Coco avantChanel, d'Anne Fontaine Avec Audrey Tautou et Benoît Poelevoorde.
Ce n'est pas la première fois qu'on s'attaque au biopic de Mademoiselle, ou la brillante destinée de Gabrielle Chasnel, petite orpheline chantant dans les bars avant de devenir celle qui révolutionna la couture du siècle, en épurant les lignes, ôtant les corsets des dames, allégeant les fioritures (plumes dans les cheveux, fleurs au cou). En adaptant le roman L'irrégulière d'Edmonde Charles-Roux, Anne Fontaine, elle, a choisi de narrer la période qui a précédé cette fulgurante ascension. Toute en épure, la mise en scène bien léchée, tout comme la petite robe noire de Coco, s'attarde sur ses débuts, soutenue par son premier amant et...
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