Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Wadi el-Jamajem : une vallée en péril

Joseph W. ZOGHBI
L'une des vallées les plus pittoresques du Liban, qui surgit comme par enchantement à la sortie du village de  Bteghrine et dont on ne se lasse pas d'admirer les paysages à chaque tournant de la route en lacet qui longe les flancs qui l'entourent, est en péril. Cette vallée, qui dévoile ses secrets à chaque moment, nous plonge dans une admiration profonde. Une nature enchanteresse couverte par une forêt de chênes, toute verte, ou percent çà et là des rochers et des falaises aux formes multiples.
Mais au fur et à mesure qu'on avance, on commence à voir les dégradations irréversibles causées par la main de l'homme. Des constructions difformes au fond de la vallée, et d'autres qui entachent ici et là un lieu qui aurait dû être classé au patrimoine national. Pis encore : des camions déversent des gravats et autres matériaux de construction au vu et au su des visiteurs impuissants, sans qu'aucune autorité ne vienne mettre un terme à ce « crime » contre cette vallée. Une saignée causée par cette malveillance apparaît tout le long de la vallée et nous montre qu'elle est blessée et qu'elle crie au secours.
Une autre plaie béante sur le flanc sud de la montagne est due, elle, au défrichage pour alimenter le four à fabriquer le charbon (machhara). Tout un pan de verdure a disparu pour laisser place à une « tonsure » brune et moche, dont la régénération va prendre des années, si toutefois elle se produit.  Encore une plaie dans la vallée et dans nos cœurs qui tardera à cicatriser...
De plus, la route, sinueuse par endroits, surprend en dévoilant des trous dangereux et béants que les automobilistes évitent par miracle mais qui, un jour, occasionneront sans aucun doute des drames. En arrivant à destination, l'on se demande par quel miracle aucun drame ne s'est encore produit et on a peur pour les autres automobilistes qui vont emprunter cette voie.
Wadi el-Jamajem n'est pas la seule vallée qui souffre. Plusieurs autres sites subissent le même sort. Pour sauver les vallées et forêts du Liban, ne doit-on pas réglementer la production de charbon de bois ou même l'interdire ? Ne faudrait-il pas mieux importer le charbon ? Par ailleurs, les autorités ne doivent-elles pas surveiller les entrepreneurs peu scrupuleux qui jettent n'importe où les matériaux de démolition ? Et les constructions ne doivent-elles pas, si elles ne le sont déjà, être interdites dans ces lieux, ou à tout le moins qu'elles soient réglementées pour se fondre dans la nature plutôt que la nature ne fonde irréversiblement à cause d'eux ?
Arrêtez ce crime contre Wadi el-Jamajem, et contre les autres belles vallées du Liban, nous vous en conjurons.

Joseph W. ZOGHBI
L'une des vallées les plus pittoresques du Liban, qui surgit comme par enchantement à la sortie du village de  Bteghrine et dont on ne se lasse pas d'admirer les paysages à chaque tournant de la route en lacet qui longe les flancs qui l'entourent, est en péril. Cette vallée, qui dévoile ses secrets à chaque moment, nous plonge dans une admiration profonde. Une nature enchanteresse couverte par une forêt de chênes, toute verte, ou percent çà et là des rochers et des falaises aux formes multiples. Mais au fur et à mesure qu'on avance, on commence à voir les dégradations irréversibles causées par la main de l'homme. Des constructions difformes au fond de la vallée, et d'autres qui entachent ici et là un...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut