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Économie - Liban - Consommation

Un début de ramadan marqué par l’envolée des prix

Opportunisme des commerçants, engouement de la demande, flambée de l'essence ou hausse des coûts de production... Nombreuses sont les explications, mais le résultat est le même : les produits alimentaires ont considérablement renchéri avec le mois du jeûne musulman, au grand dam des plus démunis. 
Le début du mois de ramadan s'est encore une fois tristement distingué par la hausse parfois vertigineuse des prix de nombreux produits alimentaires, dont certaines denrées de base. Certes, le pourcentage de l'augmentation varie selon les produits et les régions. Il reste que la majorité des consommateurs interrogés par L'Orient-Le Jour lors d'une tournée dans les rues de Beyrouth est claire : les prix ont augmenté de 30, 40, 50 %, voire plus. Cette période s'annonce donc plutôt sombre pour les plus démunis.
Samer, jeune père d'une nombreuse famille, est propriétaire d'une petite épicerie située dans un quartier populaire beyrouthin. Il déclare d'un ton dur : « Les prix augmentent toujours à l'occasion du ramadan. Hier encore, j'ai payé 42 000 livres pour un kilo et demi de viande d'agneau. Croyez-moi, si cela ne tenait qu'à moi, je m'en serais passé. » La viande n'est pas la seule denrée à avoir subi cette hausse. Plusieurs consommateurs interrogés par L'Orient-Le Jour se sont plaints de l'augmentation du prix des légumes, notamment ceux qui entrent dans la composition du traditionnel fattouche.
Salma, la trentaine, réside à Tariq el-Jdidé. Elle se plaint de l'abus de certains vendeurs de légumes, qui n'hésitent pas à doubler le prix de la botte de persil (500 livres contre 250 en temps normal) ou à augmenter d'un tiers le prix de la salade. La différence est certes minime, mais pour les familles démunies elle représente une augmentation sensible de leur budget.
Le secteur de la pâtisserie n'est pas non plus épargné. En dépit de la réticence de certains à évoquer la hausse des prix, le propriétaire d'une petite pâtisserie orientale nous a confié qu'il reconnaissait que les prix avaient flambé. D'après lui, cette hausse est la conséquence directe de celle du prix du sucre et autres ingrédients requis pour la fabrication des douceurs traditionnelles du ramadan. Il ajoute néanmoins que les prix ne devraient rester comme cela que « trois ou quatre jours de plus ».
 
Les raisons de la hausse
Quels sont les facteurs ayant contribué au renchérissement des denrées alimentaires vitales pour le mois de ramadan ?
Les doigts se tendent : « Le prix de l'essence », déclarent Salma et plusieurs autres personnes. Une majorité considère que la hausse toujours croissante du prix des hydrocarbures s'est répercutée sur le prix des légumes, convoyés par camions à partir de diverses régions libanaises ou syriennes.
Marwan, la cinquantaine, originaire du Barouk, n'est pas de cet avis. Il affirme qu'une pénurie d'eau règne dans son village car les agriculteurs monopolisent les ressources hydrauliques pour irriguer leurs récoltes. Cela est pour lui la preuve que les légumes sont disponibles en quantités plus que suffisantes, mais l'augmentation des prix est la rançon des coûts de l'irrigation, surtout en ce mois d'août exceptionnellement chaud.
Finalement, certaines personnes n'hésitent pas à accuser purement et simplement les opportunistes. Mohammad, vendeur de légumes à Sabra, confie pudiquement que ses salades étaient plus chères car « c'est comme ça à chaque ramadan, il faut bien gagner sa vie » en profitant de l'engouement de la demande.

Des solutions alternatives
Quoi qu'il en soit, il apparaît que la hausse des prix à chaque ramadan est devenue un phénomène habituel. La quasi-totalité des personnes interrogées l'affirme : « C'est comme ça chaque année » dit Oum Khalil, de la banlieue sud. Néanmoins, certains de nos compatriotes ont trouvé la parade pour contourner cette crise. Oumayya et Ali, originaires de Tibnine, se sont rendus en Syrie pour visiter des membres de leur famille. Ils en ont alors profité pour entasser dans leur voiture quantité de denrées alimentaires achetées là-bas à des prix défiant toute concurrence : sel, huile, sucre, légumes...
Salma, elle, se rend dans la banlieue sud pour acheter ses légumes car d'après elle, les prix sont beaucoup moins chers. Finalement, l'astuce recommandée par Hachem, rencontré à Hamra, était d'acheter ses légumes et les ingrédients du fattouche... en grande surface. Une visite dans un « mall » de Jnah suffit à se rendre compte de la différence des prix : la botte de persil est à 250 livres, et toutes les déclinaisons de salades et autres frisées sont à 950 livres, contre 1 500 livres en moyenne chez plusieurs vendeurs de légumes de quartier.

Dalal MEDAWAR
Le début du mois de ramadan s'est encore une fois tristement distingué par la hausse parfois vertigineuse des prix de nombreux produits alimentaires, dont certaines denrées de base. Certes, le pourcentage de l'augmentation varie selon les produits et les régions. Il reste que la majorité des consommateurs interrogés par L'Orient-Le Jour lors d'une tournée dans les rues de Beyrouth est claire : les prix ont augmenté de 30, 40, 50 %, voire plus. Cette période s'annonce donc plutôt sombre pour les plus démunis.Samer, jeune père d'une nombreuse famille, est propriétaire d'une petite épicerie située dans un quartier populaire beyrouthin. Il déclare d'un ton dur : « Les prix augmentent toujours à...
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