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Économie - Liban - Conjoncture

Économie sans gouvernement : le Liban face à une nouvelle occasion ratée ?

À l'heure où le tourisme bat son plein et que les capitaux affluent vers le pays, le Liban est toujours sans cabinet. La formation du gouvernement est pourtant plus que nécessaire pour accompagner ce « momentum » exceptionnel.
Il ne s'agit certainement pas d'un secret ; le retard dans la formation du gouvernement, deux mois et demi après la tenue du scrutin du 7 juin, n'est pas sans impact sur le plan économique. Même si les répercussions ne se font pas encore sentir, les retombées à moyen terme peuvent s'avérer assez lourdes, notamment sur l'investissement et la consommation, deux piliers essentiels de la croissance. Pour de nombreux analystes, tout retard supplémentaire risque en effet de porter un coup à la confiance des investisseurs, à l'heure où de nombreuses liquidités et des investissements étrangers, notamment dans le secteur immobilier, affluent vers le Liban.
Contrairement à de nombreux pays développés ou émergents, « le Liban bénéficie depuis un certain temps d'un momentum exceptionnel qui devrait être consolidé par tous les moyens, d'autant que l'essor actuel a lieu dans un contexte de crise internationale », explique ainsi Marwan Barakat, chef du département de recherche à la Bank Audi, dans un entretien avec L'Orient-Le-Jour. « Même si l'impact à court terme reste minime, une prolongation de la crise actuelle risque en outre de mettre à sac la confiance des consommateurs, ce qui constituerait, en sus de l'impact sur l'investissement, une réelle entorse à la croissance », souligne de son côté Nassib Ghobril, chef de département de recherche économique à la Byblos Bank.
La formation du gouvernement, qui traîne depuis déjà huit semaines, constitue ainsi une nécessité à caractère urgent, affirment les deux économistes. « Celle-ci n'est toutefois pas suffisante pour renforcer la position dont jouit le Liban » depuis l'éclatement de la bulle financière, explique Nassib Ghobril. « En effet, la question qui se pose aujourd'hui est de savoir si le prochain cabinet sera en mesure de traiter les dossiers économiques les plus chauds et de mettre à exécution les réformes structurelles tant attendues », à l'ombre de l'absence d'un consensus politique sur certains de ces dossiers, ajoute-t-il.
La privatisation du secteur des télécoms, la restructuration de l'Électricité du Liban (EDL) ou encore la réforme de la Sécurité sociale sont en effet, parmi d'autres, des dossiers reportés d'année en année, faute d'accord entre les différentes parties politiques. Ces réformes sont pourtant
indispensables pour pouvoir « réduire le déficit de l'État ainsi que la dette publique et garantir une croissance durable », explique Ghobril. Selon lui, l'amélioration du climat d'investissement et l'élaboration d'un projet de budget pour l'année 2010 visant à assainir les finances publiques devraient en outre figurer parmi les priorités du prochain gouvernement.
Pour Marwan Barakat, « ces réformes peuvent en effet largement contribuer à la réduction du ratio de la dette au produit intérieur brut (PIB) ». Celui-ci a déjà reculé de 180 % à 160 %, grâce aux taux de croissance de 7,5 % et de 8,5 % enregistrés respectivement en 2007 et 2008, mais demeure l'un des ratios les plus élevés du monde. « Si l'économie locale croît à un taux de 6 % en moyenne d'ici à 2013, le rapport de la dette au PIB pourrait même diminuer jusqu'à 134 %. L'application des réformes structurelles, en parallèle, pourrait toutefois ramener ce ratio à moins de 100 % », explique-t-il.
« Cependant, si l'application de certaines mesures s'avère impossible pour le moment, car tributaire d'un accord interne ou de l'évolution de la conjoncture internationale et des conditions du marché », cela ne devrait pas empêcher le prochain gouvernement de procéder à un vaste chantier de réforme interne, souligne Marwan Barakat. « Aujourd'hui, les pertes dues à l'évasion fiscale et au problème de collecte des factures d'électricité sont estimées à elles seules à deux milliards de dollars. Or si les autorités parviennent à réduire rien que de moitié l'étendue de ce phénomène au cours des prochaines années, nous pourrions augmenter les recettes de l'État d'au moins un milliard de dollars et réduire ainsi d'un tiers le déficit public, établi à près de trois milliards de dollars à l'heure actuelle », ajoute-t-il.
Dans le contexte de blocage actuel, ces plans, certes réalisables, relèvent toutefois plus du rêve que de la réalité. À peine faut-il espérer de parvenir à la naissance d'un gouvernement, ne serait-ce que pour empêcher un retournement de situation sur le plan économique. Avec plus d'un million de visiteurs jusqu'à la fin juillet, et une hausse de 46 % des flux de capitaux au premier semestre, le Liban est en effet plus que jamais en mesure de pouvoir saisir une occasion en or.
Une prise de conscience nationale s'impose donc pour éviter que l'essor si longtemps attendu ne vire au cauchemar. 
Il ne s'agit certainement pas d'un secret ; le retard dans la formation du gouvernement, deux mois et demi après la tenue du scrutin du 7 juin, n'est pas sans impact sur le plan économique. Même si les répercussions ne se font pas encore sentir, les retombées à moyen terme peuvent s'avérer assez lourdes, notamment sur l'investissement et la consommation, deux piliers essentiels de la croissance. Pour de nombreux analystes, tout retard supplémentaire risque en effet de porter un coup à la confiance des investisseurs, à l'heure où de nombreuses liquidités et des investissements étrangers, notamment dans le secteur immobilier, affluent vers le Liban. Contrairement à de nombreux pays développés ou émergents,...
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