Conversations
de salon II (4,5,6),
de Danielle Arbid
29 minutes
Ce court-métrage est la suite du premier Conversations de salon I présenté dans plusieurs festivals notamment à La Rochelle et que la cinéaste libanaise, née à Beyrouth mais aujourd'hui établie en France, décrivait ainsi :
« À Beyrouth, ma mère reçoit tous les jours vers 5 heures de l'après-midi. Installées dans son salon, ses amies déballent leurs vies. J'ai filmé ces femmes bourgeoises, issues pour certaines de ma famille, en train de se (de vous) raconter leurs vies tourmentées en trois actes : le pays, les maris et la famille. » Isabelle Régnier, Le Monde, 29 décembre 2004, décrivait l'œuvre de Danielle Arbid comme un « remarquable travail de mise en scène. Le résultat réjouissant fait l'effet d'un théâtre musical miniature, mis en boîte de telle sorte que l'énergie folle qui s'y déploie en soit démultipliée. » Conversations de salon 4, 5 et 6 filme de nouveau trois groupes de quatre Libanaises chrétiennes tenant salon en arabe sur Dieu, la chirurgie esthétique, le monde et les hommes. Trois plans dans le même salon (un plan large embrassant toute la pièce, un champ sur deux femmes, le contrechamp sur les deux autres), voilà ce que présente cette cinéaste au travail prolifique.
Jeudi 20, 19h30
The Mourning of the Merry Storck ou Le deuil de la cigogne joyeuse,
de Eileen Hofer, 15 minutes
Avec Patricia Nammour et Nasri Sayegh.
Nasri et Nour attendent la nuit pour fuir les tensions politiques de leur pays. Persuadés de vite revenir au Liban, ils n'emportent avec eux que le minimum. Ils ignorent qu'ils laissent derrière eux les souvenirs d'un paradis perdu. Ce film présenté dans le cadre du festival « ... né à Beyrouth » est une reconstitution distancée et minimaliste d'une journée clé dans la vie d'un couple devenu émigré.
Née en 1976 à Zurich, Eileen Hofer, après des études de lettres et en histoire du cinéma à Istanbul, travaille quatre ans comme attachée de presse pour un festival de film puis au sein du département fiction de la TSR.
Journaliste pour un quotidien suisse romand depuis 2005, elle a tenu durant deux ans le poste de rédactrice en chef d'un magazine suisse avant de se lancer dans la réalisation. Son premier court-métrage Racines (2008) a été présenté dans cinquante festivals internationaux et a remporté sept prix.
« Après avoir interviewé mes parents, aujourd'hui divorcés, dit la cinéaste, j'ai rassemblé leur témoignage pour réaliser ce court-métrage. Revenir sur une journée charnière dans la vie d'une personne, c'est se rendre compte du flou des souvenirs. La mémoire qui s'attache parfois à des détails futiles. Je voulais que ce film soit comme un regard froid et distant posé sur un souvenir qui ne m'appartient pas. Le regard de l'autre. On pense toujours que cela ne peut pas nous arriver. Ce film peut se passer en 1975 ou en 2006 (lors de la dernière guerre). Cette action peut avoir lieu au Liban ou ailleurs. Il peut s'agir de mes parents ou d'autres encore. »
Vendredi 21, 18h30
Khiam 2000-2007,
documentaire de Joanna Hadjithomas et Khalil Joreige, 52 minutes
Créé en 1985 dans la zone de sécurité occupée par Israël depuis 1978 et administrée par sa milice supplétive, l'armée du Liban-Sud, Khiam était un lieu de non-droit, où régnaient l'arbitraire et la torture. Sonia, Afif, Soha, Rajaé, Kifah, Neeman ont passé dix ans dans cet enfer. Ils témoignent de la vie quotidienne au camp.
Vendredi 21, 20h00
Falling from Earth,
de Chadi Zeneddine, 70 minutes
Avec Rafi'Ali Ahmad et Carmen Lebbos.
Le long-métrage Falling from Earth, produit par Neon, a été sélectionné au festival New films, New Directors qui a lieu au MoMa à New York, au Festival de Copenhagen, ainsi qu'au 3rd Monaco Charity Film Festival. Il a aussi été vendu dans plus de 10 territoires durant le Marché du Festival de Berlin. Enfin, il revient aux sources et est projeté à Beyrouth dans le cadre de ce Festival du film libanais.
Youssef, un fou plein de sagesse, a décidé de vivre dans les ruines d'un immeuble, à Beyrouth. Il collectionne des photographies de gens heureux, dont il tapisse les murs de sa chambre. Pourtant, derrière chacune de ces images résonnent les millions d'implosions d'une ville meurtrie par le temps, des mémoires et des vies déchirées. Beaucoup de ces photos sont les seules traces laissées par des habitants de l'immeuble qui se sont enfuis pendant la guerre. Ainsi, s'il s'agit de trois histoires, reliées à cet espace détruit, celles de Lamia, Jad et Naya, il ne faut pas oublier celle de Youssef et de la ville de Beyrouth qui sont en quelque sorte le lien entre ces trois histoires.
« Ces personnes vivent un état de guerre intérieure dans la guerre réelle qui dévaste le pays, dit le jeune réalisateur plein de fougue qui a attendu trois ans pour pouvoir enfin récolter le fruit de son travail. « C'est parce que je n'ai pas vécu la guerre (étant né en Afrique) que j'ai toujours senti qu'il y a quelque chose qui manquait et que j'étais étranger aux jeunes de ma génération, poursuit-il. J'aime cette ville avec toutes ses imperfections et j'essaye, avec ma caméra, de montrer cet endroit hostile sous son plus beau jour. »
« Le film est épuré de paroles, ajoute le jeune réalisateur. À peu près 15 minutes seulement sont dialoguées. Je laisse la place aux émotions vives. C'est pourquoi nous avons essayé de mettre en évidence la guerre intérieure que les personnages vivaient, plutôt que l'état réel de guerre qui ravageait le pays. »
Lundi 24, 19h30
(clôture du festival)


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