À l'origine, le terme famille vient de « famulus », qui signifie serviteur. C'était donc l'ensemble des serviteurs ou des esclaves vivant sous un toit. Par extension, la famille a englobé tous ceux qui vivaient sous un toit et qui étaient soumis au père de famille. Aussi, dès le début, la famille désigne donc cet ensemble de personnes unies par des liens de parenté. Souvent à l'écran, on retrouve ce sentiment gidien. Parfois sous forme de « je t'aime, moi non plus », d'amour-haine, mais par ailleurs d'une solidarité que toutes les querelles et les guerres intestines ne peuvent rompre et qu'on traduit communément par liens de sang. Tableaux (é)mouvants :
- Elle est gothique. Les parents sont flippants et les enfants cyniques. Il y a aussi dans ce grand manoir une grand-mère sorcière et un oncle savant fou, à la main baladeuse. Qui voudrait d'une famille pareille ? Et pourtant ils sont attachants les Addams (Barry Sonnenfeld, 1992) quand ils parlent d'amour, ont un bébé ou éduquent leurs enfants.
- Elle est fantasque et bohème. La Family Stone de Thomas Bezucha 2006, qui se réunit chaque année à Noël. Une tribu formée de deux sœurs et trois frères dont l'un est homosexuel et qui, à cause d'une intruse, la fiancée, vont devoir faire front. Un moment inoubliable où tous les coups sont permis.
- Elle peut être coincée, comme dans Un air de famille de Cédric Klapisch 2001, où la famille Ménard lave son linge sale et lève le voile sur les secrets de chacun, et où un simple dîner tourne au déballage... Ou libertine comme dans La bûche 1999, de Danièle Thompson, où trois sœurs aux caractères et parcours opposés et leurs divorcés de parents vont tenter de régler leurs vieux comptes en découvrant aussi un secret. Mais elle est toujours un puits d'amour et une manière de se ressourcer comme le fait Claudia (Holly Hunter) dans Home for the Holiday de Jodie Foster en 1995. Là, baignée dans le psychodrame familial ambiant, elle redécouvre enfin le goût de vivre et d'aimer.
Autant de comédies qui sentent bon le sapin, la dinde au four et les châtaignes chaudes... tout comme les étreintes familiales. Dans ces films baptisés « feel-good-movie » où, lorsqu'on en sort, on se sent bien, il y a un propos, pas forcément subtil, mais clairement ciblé. C'est un portrait de familles qui ne sont pas nécessairement gentilles, gentilles mais pas forcément méchantes-méchantes, non plus. Ce n'est pas la famille Corleone où l'on danse beaucoup, mange et boit beaucoup, mais où l'on s'aime jusqu'à s'entre-tuer. Ni celle décrite par Festen (Thomas Vinterberg, 1998) où la haine fait tellement de ravages qu'on atteint le point de non retour.
Ces noyaux familiaux brossés par tant d'œuvres cinématographiques sont finalement le miroir qui réfléchit, de près ou de loin, l'image de nos familles.


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