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Économie

La machine à exporter allemande s’est remise en route

Des exportations redémarrent et les carnets de commandes industrielles se remplissent : le moteur économique allemand s'est remis en marche cet été, mais les spectres d'une pénurie du crédit et du chômage de masse planent sur la reprise.
Hier, l'Office fédéral allemand des statistiques a annoncé que la première économie européenne avait vu ses exportations augmenter de 7 % entre mai et juin, la plus forte hausse mensuelle depuis trois ans.
Ces chiffres de bon augure pour un pays qui reste premier exportateur mondial, bien que talonné par la Chine, arrivent au lendemain de l'annonce de commandes industrielles en hausse de plus de 4 % en juin, une progression qui a dépassé toutes les prévisions.
La production industrielle a, elle, un peu marqué le pas en juin, affichant un recul de 0,1 %, mais Jennifer McKeown, économiste de Capital Economics, relève que « sur l'ensemble du deuxième trimestre, la production n'a baissé que de 0,8 %, contre une chute de 18 % au premier trimestre ».
« Le champion allemand des exportations a fait un retour époustouflant récemment. Et ce n'est que le début », s'enthousiasme Andreas Rees, économiste d'Unicredit, dans une note d'analyse.
Le ministre de l'Économie, Karl-Theodor zu Guttenberg, plus mesuré, juge, lui, que « la lueur d'espoir s'étend ».
Le pays semble donc tourner lentement la page de la récession grâce à sa structure très dépendante des exportations, qui la rend très vulnérable en temps de crise mais lui permet de profiter plus que d'autres du moindre sursaut du commerce international.
Plusieurs menaces pèsent pourtant sur la reprise allemande.
Martin Lück, analyste d'UBS, se demande si elle pourra survivre à l'épuisement des programmes de relance et notamment des dispositifs d'incitation à l'achat d'automobiles, un produit phare du « made in Germany ».
Autre inconnue : le comportement des banques, alors que le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück et la grande organisation patronale de l'industrie (BDI) s'inquiètent d'une pénurie du crédit à l'automne.
Jusqu'ici, les entreprises allemandes répugnent pourtant à recourir aux deniers du gouvernement, qui a prévu une enveloppe de 115 milliards d'euros de garanties et de crédits. Au premier semestre, les demandes d'aide des patrons allemands n'ont pas excédé neuf milliards.
La dernière grande menace pesant sur l'économie allemande est celle du chômage de masse. L'institut de recherche DIW prévoit une augmentation d'un million du nombre de sans-emploi l'an prochain.
Pour l'instant, le gouvernement allemand, pourtant entré en pleine campagne électorale pour les législatives de septembre, se garde donc de trop fanfaronner. Sa prévision reste d'une récession de plus de 6 % cette année.
Et si reprise il y a, l'Allemagne mettra du temps à panser ses plaies. Tout encourageant qu'il soit, son excédent commercial cumulé de janvier à juin 2009, soit 57,8 milliards, reste inférieur de 44,8 % à celui de la même période en 2008.
Des exportations redémarrent et les carnets de commandes industrielles se remplissent : le moteur économique allemand s'est remis en marche cet été, mais les spectres d'une pénurie du crédit et du chômage de masse planent sur la reprise.Hier, l'Office fédéral allemand des statistiques a annoncé que la première économie européenne avait vu ses exportations augmenter de 7 % entre mai et juin, la plus forte hausse mensuelle depuis trois ans.Ces chiffres de bon augure pour un pays qui reste premier exportateur mondial, bien que talonné par la Chine, arrivent au lendemain de l'annonce de commandes industrielles en hausse de plus de 4 % en juin, une progression qui a dépassé toutes les prévisions.La production...
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