Cette année, 37 Israéliens et 42 Arabes (Palestiniens, Syriens, Libanais, Jordaniens, Égyptiens) ainsi que deux Turcs, deux Iraniens et 20 Espagnols participent à la tournée européenne, qui est passée mercredi à Madrid.
À la veille du début de la tournée, les esprits s'échauffent : des étincelles jaillissent d'une discussion musclée dans le jardin de la résidence, où de nombreux musiciens décorent un panneau destiné à une exposition à Berlin pour la commémoration de la chute du mur. L'un d'entre eux a peint le mur construit par les Israéliens en Cisjordanie. Le Palestinien Ramzi Abou Redwan a ajouté une inscription : « Le mur de l'apartheid doit tomber », provoquant l'ire d'un Israélien. Tout de suite, le « maestro », comme l'appellent ses élèves, accourt pour apaiser les esprits. « Il y a toujours des disputes très dures : ce sont des gens qui vivent dans des pays ennemis. Un Syrien et un Israélien, comment vont-ils se mettre d'accord ? » s'interroge Daniel Barenboïm, après avoir tiré sur son cigare. Pour autant, « notre orchestre n'a pas de ligne politique commune, mais un esprit commun. Nous cherchons à ce que chacun puisse exprimer son opinion librement et que l'autre apprenne à vivre avec ça. C'est très sain », a-t-il ajouté à l'adresse de l'AFP.
Mais pour Ramzi Abou Redwan, né il y a 30 ans dans un camp de réfugiés à Ramallah, « une grande partie des Israéliens ont une tête fermée » et « sont un peu fixés sur leurs idées ». « Je viens ici pour apporter mon message et dire que ce que fait votre État en Palestine ce n'est pas bon », martèle Ramzi en français. Selon lui, le sujet « ne se discute pas suffisamment ».
Plus posé, le violoniste israélien Asaf Maoz, âgé de 30 ans, assure à l'AFP que « le projet du Divan a bien fonctionné » avec lui. « Lorsque j'ai déménagé à Berlin, je l'ai fait avec un autre Israélien et un Égyptien de l'orchestre. » « On ne se voit pas comme des ennemis. On se voit comme des jeunes musiciens qui veulent apprendre plus les uns des autres. Je suis Israélien et je ne sais rien des Libanais ou des Syriens. On n'est pas toujours d'accord, mais on s'écoute », poursuit-il.
Cet orchestre est « la seule façon d'être avec des gens avec qui je partage l'avenir de la région. Malheureusement, dans le monde arabe, il existe peu de contacts entre les pays », explique à l'AFP un violoncelliste libanais de 32 ans, Nassib Ahmadieh, membre de l'orchestre depuis neuf ans.
« Désormais, dans la région, tout dépend de la solution que proposera Obama. C'est la seule chose que je peux dire et c'est déprimant », regrette le maestro.


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