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Nos lecteurs ont la parole

Touche pas à mon pote !

Marwan EL-TIBI
Que l'on accuse les uns d'être des prosyriens, les autres d'être à la solde de l'impérialisme états-unien, ou encore certains d'être des « ben ladenistes », soit.
Nous vivons au Liban, pays de toutes les absurdités politiques et d'une mémoire particulièrement défaillante, cela peut donc se comprendre.
Que les alliances changent au gré des élections, plaçant les jaunes avec les bleus puis les verts avec les oranges, et que les ennemis jurés de toujours se retrouvent joyeusement pour combattre leur ex-alliés respectifs, soit.
La région vit une période d'instabilité chronique qui impose à nos chers politiciens des calculs spécifiques, des revirements inattendus et des volte-face que l'on pourrait concevoir.
Qu'une partie des chrétiens ne soit pas d'accord avec l'autre sur des questions stratégiques concernant l'avenir du Liban, ce n'est non seulement acceptable, mais même fortement recommandé. Peut-être montreront-ils l'exemple à leurs frères libanais.
Avec un peu de chance, les opinions politiques des Libanais ne seront alors plus corrélées à leurs confessions, mais exprimeront de manière constructive les aspirations des citoyens.
Tous cela n'est donc pas bien grave tant qu'on ne commence pas à se massacrer.
Mais ce qu'il y a de plus grave, de plus révoltant, c'est que l'on essaye de contaminer une des composantes les plus saines de notre société : la communauté arménienne.
Connue pour sa traditionnelle orientation politique qui consiste à s'aligner sur celle de l'État, cette communauté s'est retrouvée face à une République coupée en deux et a été contrainte de prendre position avec une partie des Libanais face à une autre au cours d'une période durant laquelle sa neutralité aurait, de toute façon, été transformée en un soutien non avoué au moyen de quelques discours enflammés.
Agissant conformément à sa conviction et à sa pensée politique, cette communauté hautement démocratisée s'est vu prise en otage par la fièvre libanaise qui consiste à combattre l'autre pour exister.
Malgré tout, elle est quand même restée à l'écart des tiraillements et s'est montrée relativement consensuelle dans ses déclarations, y compris lorsque des insultes racistes et xénophobes lui étaient adressées par des Libanais frustrés de ne pouvoir inféoder la pensée politique de ce peuple qui a pourtant beaucoup à apprendre aux Libanais « pure souche ».
L'unité des rangs de sa diaspora partout dans le monde, sa propension à agir comme un seul homme lors des échéances démocratiques, sa fierté et son abnégation face à la barbarie dont il a fait l'objet sont toutes des modèles de comportement dont devraient s'inspirer les Libanais disséminés aux quatre coins de la planète.
Nul au Liban n'est donc habilité à porter un jugement sur cette communauté et à essayer de la présenter comme un groupement de citoyens de seconde zone.
Alors, de grâce, ne ternissons  pas l'image que nous avons de ce fier peuple arménien qui est le nôtre.
S'il se différencie des autres Libanais, c'est par sa brillance politique, sa touchante loyauté envers la République et son sentiment nationaliste unique et si précieux en ces temps où la nation ressemble plutôt à un marché aux puces international où chacun revend ses vieilles formules.

Marwan EL-TIBI
Que l'on accuse les uns d'être des prosyriens, les autres d'être à la solde de l'impérialisme états-unien, ou encore certains d'être des « ben ladenistes », soit. Nous vivons au Liban, pays de toutes les absurdités politiques et d'une mémoire particulièrement défaillante, cela peut donc se comprendre.Que les alliances changent au gré des élections, plaçant les jaunes avec les bleus puis les verts avec les oranges, et que les ennemis jurés de toujours se retrouvent joyeusement pour combattre leur ex-alliés respectifs, soit. La région vit une période d'instabilité chronique qui impose à nos chers politiciens des calculs spécifiques, des revirements inattendus et des volte-face que...
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