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Économie - Tribune

Quand le camion va, tout va !

Nohad Baroudi
Nous sommes tous témoins de l'augmentation récente de la congestion du trafic routier et urbain au Liban. Nous en maudissons les effets directs, qui éprouvent nos nerfs et nous font perdre notre temps. Nous devrions cependant en bénir les effets indirects, positifs pour l'économie.
Ces embouteillages inextricables que nous endurons de jour comme de nuit proviennent de la flambée du nombre de véhicules circulant dans nos villes et sur nos routes. Les causes ? D'une part, l'afflux de touristes (on parle de 2 millions !), qui forcément bougent plus que nous, en voitures particulières ou en autobus. D'autre part, l'accroissement exponentiel du nombre de poids lourds de tous calibres qui sillonnent les grands axes, transportant des matières premières ou des produits finis destinés au marché local ou à l'exportation.
Cette circulation débordante est le reflet d'une activité économique fébrile. Quelles en sont les conséquences sur le taux de croissance du PIB ?
Comme les dépenses des touristes représentent environ 20 % du total des exportations (dont elles font partie dans les comptes nationaux libanais), une augmentation de 50 % du nombre de touristes par rapport à 2008 (2 millions au lieu de 1,33 million) devrait booster les exportations de 10 %. Cela si l'on admet que les 80 % restants du total des exportations demeurent inchangés, ce qui n'a pas l'air d'être le cas si l'on tient compte de l'activité accrue des camions, mentionnée plus haut. En effet, les cargaisons de ces derniers, qu'elles soient d'origine locale (ciments, etc.) ou importée (matériaux de construction, produits finis, etc.), sont destinées soit à l'exportation, soit au marché local (consommation ou investissement). De toute façon, elles tendent à tirer vers le haut toutes les composantes du PIB, d'après l'équation : PIB = consommation + investissement + exportations - importations.
Il semblerait donc que les prévisions de croissance avancées pour cette année, que ce soit par le Fonds monétaire international (2,5 %, révisé récemment à 4 %) ou par le gouverneur de la Banque du Liban (6 %), doivent être revues... à la hausse. De combien ? Difficile à dire en milieu d'année, d'autant plus que la conjoncture politique présente prête plutôt à l'expectative.
Chez nous, l'adage économique bien connu « quand le bâtiment va, tout va » pourrait également se lire « quand le camion va, tout va ».

(*) Ancien secrétaire général du Conseil du développement et de la reconstruction.
Nous sommes tous témoins de l'augmentation récente de la congestion du trafic routier et urbain au Liban. Nous en maudissons les effets directs, qui éprouvent nos nerfs et nous font perdre notre temps. Nous devrions cependant en bénir les effets indirects, positifs pour l'économie.Ces embouteillages inextricables que nous endurons de jour comme de nuit proviennent de la flambée du nombre de véhicules circulant dans nos villes et sur nos routes. Les causes ? D'une part, l'afflux de touristes (on parle de 2 millions !), qui forcément bougent plus que nous, en voitures particulières ou en autobus. D'autre part, l'accroissement exponentiel du nombre de poids lourds de tous calibres qui sillonnent les grands axes, transportant des matières premières ou des...
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