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Économie - Liban - Conférence

Salamé revoit à la hausse les perspectives de croissance en 2009

Le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, a dit s'attendre à une croissance de 6 % en 2009, soulignant que les répercussions de la crise sur le Liban se sont avérées largement moins négatives que prévu.
Au cours d'un déjeuner-conférence organisé hier par le Conseil des hommes d'affaires belges au Liban (BBCL) à l'hôtel Phoenicia, auquel ont notamment pris part le gouverneur de la Banque centrale belge, Guy Quaden, ainsi que l'ambassadeur belge au Liban, Johan Verkammen, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a dit s'attendre à une croissance de 6 % en 2009, contre une projection initiale de 4 %. « Nous avons récemment revu à la hausse nos prévisions pour l'année en cours, à la lumière des derniers développements sur le plan politique », a-t-il souligné, faisant allusion aux dernières législatives qui se sont déroulées dans un climat plutôt démocratique.
La Banque centrale, à l'instar de plusieurs instances internationales, dont le Fonds monétaire international (FMI), avait pourtant projeté une croissance de seulement 2 % à 3 % pour 2009, quelques mois après le déclenchement de la crise mondiale. « Les répercussions de la crise se sont toutefois avérées moins négatives que prévu (...). La balance des paiements a, par exemple, enregistré jusqu'à fin mai un excédent de 1,65 milliard de dollars, un résultat largement supérieur à celui enregistré au cours de la même période de l'an dernier (...). Ceci témoigne d'un maintien du niveau des transferts d'émigrés en dépit de la crise », a ainsi souligné le gouverneur de la BDL.
Selon M. Salamé, le Liban a en tout cas réagi de manière contracyclique aux développements économiques mondiaux. « Au fur et à mesure que la situation se dégradait à l'échelle internationale, la confiance dans l'économie libanaise s'améliorait (...), a-t-il souligné. Les dépôts bancaires ont en effet augmenté de 15 milliards de dollars au cours des douze derniers mois, enregistrant une croissance record de 20 %, tandis que les réserves en devises ont atteint un pic de 23,5 milliards de dollars en juin, à la faveur des nombreuses conversions en livres », a-t-il indiqué.
Avec ce dispositif, auquel s'ajoutent « près de 8,5 milliards de dollars sous forme de réserves en or, la Banque centrale se trouve désormais en bonne position pour poursuivre sa politique visant à stabiliser la monnaie locale, à empêcher la faillite d'un établissement bancaire et à contribuer au financement de l'État », a ajouté M. Salamé. Il n'en reste pas moins que le Liban est loin d'être totalement à l'abri de la crise, a-t-il toutefois affirmé. « Nos exportations, notamment vers les pays arabes, ainsi que les investissements provenant de la région ont en effet diminué. En outre, nombreux sont les expatriés à avoir perdu leur emploi, notamment en Occident », a-t-il souligné.
Le gouverneur de la BDL a mis en garde à cet égard contre le retard dans la formation du prochain gouvernement qui, selon lui, constitue une étape cruciale dans la consolidation de la croissance et de l'immunisation contre les effets de la crise. « Les responsabilités économiques qui incombent au prochain cabinet sont d'ailleurs nombreuses, notamment au niveau de l'augmentation des dépenses d'investissement, a-t-il déclaré. Celles-ci constituent en effet une des principales armes permettant de contribuer à une plus forte croissance et à réduire ainsi l'impact de la dette », a-t-il conclu.

Quaden : Reprise de la croissance à partir de 2010
De son côté, le gouverneur de la Banque centrale belge, Guy Quaden, a présenté un exposé détaillé de la situation économique mondiale au lendemain de l'éclatement de la bulle financière. Tout en affirmant que le monde « passe aujourd'hui par une période de récession profonde », M. Quaden a fermement réfuté la thèse selon laquelle la crise actuelle serait semblable à la Grande Dépression de 1929. « La promptitude avec laquelle les Banques centrales dans le monde ont réagi à la crise, notamment en abaissant fortement les taux d'intérêt et en injectant des liquidités sur les marchés, contraste fortement avec le laxisme ayant caractérisé l'action des autorités monétaires au début des années 30 », a-t-il expliqué.
Selon lui, la réaction « agressive » des Banques centrales, notamment celle de la Banque centrale européenne (BCE), de la Banque d'Angleterre et de la Réserve fédérale - qui ont progressivement abaissé leurs taux directeurs à 1 %, 0,5 % et 0,25 % - a permis de limiter dans une large mesure les dégâts engendrés par la crise mondiale. « En Europe, nous avons réussi grâce à cette politique à adjuger 442 milliards de dollars au taux de 1 % », a-t-il indiqué, soulignant l'existence de nombreux facteurs laissant présager une reprise de l'activité économique dans les mois à venir. Outre la politique adoptée par les Banques centrales, « la forte baisse de l'inflation, l'évolution des stocks ainsi que les signaux positifs provenant des marchés émergents » sont en effet parmi les indices « permettant de croire à une amélioration graduelle de la situation », a-t-il souligné. Dans son dernier rapport, « le FMI a d'ailleurs légèrement revu à la hausse, pour la première fois depuis le déclenchement de la crise, ses prévisions de croissance pour les États-Unis », a-t-il ajouté.

Verkammen : Des liens commerciaux solides
Enfin, l'ambassadeur belge au Liban, Johan Verkammen, a mis l'accent dans son allocution sur la solidité des liens commerciaux entre la Belgique et le Liban. « La Belgique figure désormais dans le top 10 des pays destinataires des exportations libanaises et les exportations belges vers le Liban sont également en croissance et dépassent aujourd'hui les 200 millions d'euros par an », a-t-il indiqué. M. Verkammen a en outre annoncé la récente ouverture par le gouvernement belge d'une ligne de crédit de 10 millions d'euros pour l'assurance des risques à l'exportation de biens et de services vers le Liban, soulignant l'importance de cette démarche pour le développement des échanges entre les deux pays.
Au cours d'un déjeuner-conférence organisé hier par le Conseil des hommes d'affaires belges au Liban (BBCL) à l'hôtel Phoenicia, auquel ont notamment pris part le gouverneur de la Banque centrale belge, Guy Quaden, ainsi que l'ambassadeur belge au Liban, Johan Verkammen, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a dit s'attendre à une croissance de 6 % en 2009, contre une projection initiale de 4 %. « Nous avons récemment revu à la hausse nos prévisions pour l'année en cours, à la lumière des derniers développements sur le plan politique », a-t-il souligné, faisant allusion aux dernières législatives qui se sont déroulées dans un climat plutôt...
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