L'ancienne coqueluche des milieux financiers, qui a jonglé pendant trente ans avec les milliards de dollars confiés par des banques, des particuliers aisés ou des organisations caritatives, avait plaidé coupable le 12 mars des 11 chefs d'inculpation, dont fraude, parjure, blanchiment d'argent et vol.
Il était depuis incarcéré loin du confort de son luxueux appartement de l'Upper East Side (nord-est de Manhattan).
Hier, Madoff a demandé pardon à ses victimes devant le tribunal, affirmant qu'il devra « vivre avec cette douleur » le reste de sa vie.
« Je laisse un héritage de honte à ma famille. Je suis responsable d'un grand nombre de souffrances et de douleurs », a dit le financier déchu.
« Je demande pardon à mes victimes. Je suis désolé », a-t-il ajouté.
L'avocat de Bernard Madoff, Ira Sorkin, avait demandé au juge de ne pas condamner son client à plus de vingt ans de prison, une peine qui serait « suffisante » étant donné les remords de l'ex-roi de Wall Street.
Mais beaucoup de ses victimes avaient réclamé la peine la plus lourde pour l'ancien financier. « Qu'il reste en cage derrière des barreaux ! » avait ainsi lancé une femme en pleurs. Une autre victime, un homme qui s'est avoué « lessivé par Madoff », a déclaré d'un air dur qu'il voulait « être sûr que sa cellule de prison devienne son cercueil ».
Le juge Chin a déclaré ne pas avoir l'impression que Bernard Madoff ait « dit tout ce qu'il savait ». Et il n'y a pas eu une seule lettre d'amis ou de membres de sa famille témoignant en faveur de Bernard Madoff, a souligné le juge. « L'absence de tout soutien est révélateur », a-t-il affirmé.
« Le symbole de la peine est important pour trois raisons : la punition, la dissuasion, et cela est capital pour les victimes », a-t-il poursuivi.
« Je ne crois pas que ses victimes aient succombé à la tentation d'une vengeance populaire », a ajouté le juge.


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