En cette période postélectorale, le secteur immobilier continue d'afficher un certain dynamisme. Mais l'après-7 juin n'a pas bouleversé outre mesure le marché, qui reste sain et évolue de manière cohérente. Ainsi, ces derniers jours, quelques transactions foncières et acquisitions d'appartements ont été observées à des valeurs justifiées. Néanmoins, la principale interrogation reste l'évolution des prix. Sont-ils à la baisse ou non ?
Hormis quelques exceptions, les prix du neuf sont restés relativement stables au cours des dix derniers mois. Une bonne nouvelle, après la flambée des prix de 2007-2008. La baisse du coût des matériaux de construction a été compensée par la bonne tenue des valeurs foncières. De plus, la conjoncture a également incité les promoteurs à revoir leur marge de profit.
Pour l'instant, le Liban s'affirme comme un micromarché relativement protégé des phénomènes de baisse. De ce fait, le scénario d'un effondrement des prix est peu probable à court et moyen terme. Un certain statu quo est plutôt à envisager d'ici à la fin 2009.
Cette stabilité est pourtant mise à rude épreuve par l'évolution de la demande de la part des résidents et des expatriés Libanais. Actuellement, acheteurs et vendeurs de logements se regardent en chiens de faïence. Les premiers essayent de camper sur leurs prix, tandis que les seconds attendent la baisse. Dans un contexte de crise financière internationale, les acquéreurs cherchent à profiter de la situation, tergiversent et prennent leur temps. De plus en plus exigeants, ils n'hésitent pas à prospecter ici et là en fonction de leur budget.
En attendant l'été, la demande vient surtout des résidents qui ne perdent pas une occasion de négocier. Leur principal argument est que le marché du neuf n'est pas en pénurie. Avec environ 300 projets en construction à Beyrouth Municipe, les clients n'ont que l'embarras du choix. Le stock d'appartements disponibles étant conséquent, ils bénéficient d'une situation idéale pour comparer les prestations et les prix de chacun.
Si généralement les prix sont inchangés depuis la fin de l'été 2008, certains propriétaires restent flexibles. Leurs marges de négociations varient en fonction de leur solidité financière. S'ils n'ont pas réalisé plusieurs préventes au moment du boom du marché, certains peuvent être à court de liquidités. Ainsi, un appartement peut se négocier avec 8 à 10 % d'écart - voire plus dans ces cas - sur le prix affiché.
Toutefois, les baisses de prix depuis 10 mois sont relativement rares et fluctuent en fonction des produits et des superficies. Une minorité de promoteurs ont réajusté leur prix de 10 à 20 %. Parfois avec des résultats forts mitigés. Les corrections n'ont pas nécessairement entraîné un engouement de la demande. Par contre, des baisses spectaculaires ont été observées dans certains immeubles qui regroupent un grand nombre de spéculateurs. Leur comportement peut avoir de réelles répercussions sur les prix. Par exemple, un projet au centre-ville a vu ses prix rapidement chuter devant l'empressement des propriétaires à revendre leur bien à des prix très contrastés les uns par rapport aux autres.
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